L'Imec, fabrique à start-ups et futurs grands de la nanotechnologie

©Kristof Vadino

Reconnu mondialement, l’Imec est un centre de recherche en technologies digitales et nanotechnologie. Il veut désormais s’appuyer sur son expérience pour créer davantage de start-ups. L’objectif? Une petite dizaine de nouvelles pousses créées chaque année.

Avec un siège principal en périphérie de Leuven, des laboratoires de recherche en Flandre, en Hollande, à Taiwan, aux USA et une présence en Chine, en Inde et au Japon, l’Imec est devenu, en trente ans, l’une des références mondiales dans la nanotechnologie et le développement de puces électroniques. Ses clients sont les pointures mondiales du secteur, qui confient à l’institut belge le soin d’effectuer des recherches sur les puces de demain. Résultat, le groupe se porte bien: plus de 500 millions d’euros de chiffres d’affaires et 4.000 chercheurs. L’Imec ne doit plus se faire un nom.

"Nous travaillons aujourd’hui sur plusieurs projets qui ont le potentiel de devenir de prochaines licornes."
olivier rousseaux
Senior venture development manager à l’Imec

Mais bien que l’entreprise soit reconnue, certaines de ses activités sont beaucoup plus discrètes. À côté de son expertise R&D, l’Imec est également devenue un véritable incubateur de start-ups. Depuis sa création, au moins une nouvelle pousse est lancée chaque année. Aujourd’hui, une soixantaine d’entreprises affichent fièrement "made in Imec". Un tiers d’entre elles sont devenues complètement indépendantes tandis que dix autres ont été rachetées. Du côté des chiffres, le bilan est également positif. "Les treize dernières levées de capitaux ont, en tout, récolté 44 millions d’euros portant leur valorisation totale à 90 millions", explique Olivier Rousseaux, un des responsables du programme de développement de start-up à l’Imec.

Cette équipe d’une petite dizaine de personnes a été créée il y a deux ans. L’Imec a en effet décidé de passer à la vitesse supérieure sur cette activité. Le seul objectif de l’équipe est de faire naître davantage de nouveaux projets. Une politique que l’entreprise justifie par sa vision du marché, qu’il juge en dessous de son potentiel. "Lorsque l’on se penche sur le niveau de compétences que nous parvenons à atteindre avec l’Imec, nous considérons qu’il pourrait y avoir beaucoup plus de très belles réussites en Belgique", explique Olivier Rousseaux. L’Imec s’attelle donc désormais à augmenter son activité en matière de création de spin-offs. "Pour cette année, nous ne devrions pas avoir de problème à remplir notre objectif. On devrait d’ailleurs en compter plus de cinq lancées en 2019", glisse le responsable.

©Kristof Vadino

Pour remplir la mission qu’il s’est fixée, le centre a développé un véritable processus interne de création de start-ups. "Cela se fait en deux étapes. Une fois que nous trouvons une idée à développer, une première validation préliminaire est réalisée. En général, 20% des projets sont retenus. Ils passent ensuite au stade de la time box, une incubation interne de six à douze mois, durant laquelle l’idée est testée. À la fin du processus, plus de 50% des dossiers arrivent à attirer les investissements nécessaires au lancement du projet", explique Olivier Rousseaux.

Cette sélection stricte permet un taux de réussite au-dessus de la moyenne assure-t-on du côté de l’Imec. Mais plus que des start-ups qui parviennent à survivre, l’organisme souhaite en faire des acteurs majeurs dans le monde de la nanotechnologie. "Nous travaillons aujourd’hui sur plusieurs projets qui ont le potentiel de devenir de prochaines licornes", avance le responsable.

Un fonds à 117 millions d’euros

Afin de donner toutes leurs chances aux projets, les start-ups sont le plus souvent lancées directement par des travailleurs de l’Imec. En plus des bras et des cerveaux, l’Imec a aussi pensé au financement. "En parallèle, nous avons créé, un fonds d’investissement créé avec le soutien d’autres acteurs financiers et industriels", dit-il. Lancé en 2017, il dispose de 117 millions d’euros à investir.

Le soutien financier se fait dès les premiers pas de l’entreprise, là où la pérennité des projets est encore la plus incertaine. "C’est effectivement une position très compliquée mais nous avons probablement sur le marc Imec.Xpandhé l’une des meilleures compréhensions de la technologie. Cela nous permet d’évaluer au mieux le risque, même si on sait toujours qu’il est toujours présent", précise Olivier Rousseaux. Une fois les premiers pas franchis par les sociétés, l’Imec continue l’aventure mais se fait plus discret. "En général, Imec.Xpand essaye de limiter sa présence à terme autour des 20% ce qui permet donc d’avoir un levier de 500 millions d’euros pour le financement."

Pour compléter encore un peu plus son offre, l’Imec a également développé une structure pour le soutien de start-ups plus généralistes dans les technologies digitales. Son Imec.Istart aide ainsi les entrepreneurs à lancer leur idée de business. "Le programme offre un soutien financier pre-seed de 50 000 euros, du coaching et du mentoring, glisse le responsable, Il donne aussi un accès aux technologies adéquates ainsi qu’un réseau de partenaires et d’investisseurs pour soutenir les jeunes pousses."

Aujourd’hui, l’Imec couvre l’ensemble de la Flandre en collaboration avec plusieurs universités et des centres dans la plupart des grandes villes. Le centre est également actif à l’étranger mais, étonnamment, ne dispose pas de start-up au sud du pays. Le marché n’y est-il pas intéressant? "Non, au contraire. La Wallonie a d’excellentes spin-offs et il y a également un potentiel là-bas. Nous n’avons pas encore une l’occasion de trouver des collaborations avec des partenaires mais cela pourrait être une très bonne chose. Nous sommes très ouverts à en discuter avec l’un ou l’autre partenaire qui voudrait mettre en place une relation."

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