L'intelligence artificielle n'est plus un mythe

La start-up belge Radix a développé une application qui permet d’estimer le temps d’arrivée des bagages à Brussels Airport. ©Bloomberg

Applications concrètes en entreprises, premières mondiales scientifiques et formation, même chez nous l’intelligence artificielle n’est plus un mythe. La Belgique possède même les plus éminents spécialistes en la matière mais se cherche encore une vision et une ambition.

On l’a vu cette semaine avec la première mondiale belge du laboratoire de l’ULB dédié à l’intelligence artificielle et de la start-up Kantify, l’intelligence artificielle (IA) devient concrète jusque dans nos contrées et elle peut sauver des vies. Les deux entités ont mis au point un algorithme permettant de prédire la fibrillation auriculaire, 2e maladie cardiaque au niveau mondial et qui touche 110.000 personnes en Belgique. Longtemps considérée comme un mirage dont on ne sait trop que faire, l’IA est désormais en train d’entrer dans nos vies petit à petit.

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Les entreprises adoptent progressivement et sous des formes diverses l’IA. Brussels Airport peut maintenant prédire à la seconde près l’arrivée de votre bagage sur le tapis roulant pour le récupérer. Pour être exact, ce n’est pas Brussels Airport qui le prédit mais la technologie développée par la start-up belge Radix. Cette start-up s’est d’ailleurs spécialisée en la matière. Grâce à l’apprentissage automatique, la technologie sous-tendant l’intelligence artificielle, Radix aide par exemple des demandeurs d’emploi à trouver du travail. Elle leur propose des emplois pertinents sur base de leurs compétences. Dans le secteur pharmaceutique, la start-up permet de développer plus rapidement des vaccins et dans l’industrie manufacturière, elle optimise les processus de production. Et ce n’est que la face visible de ce qu’elle est capable de faire.

Les acteurs de terrain ne veulent plus attendre

Si un écosystème de start-up se crée petit à petit, il est à la recherche d’une plateforme de rassemblement et d’émulation. Depuis la fin de l’été 2018, à l’initiative d’Alexander De Croo, ministre qui, à l’époque, était en charge de l’Agenda numérique, un groupe de quelque 40 experts a planché sur des idées et recommandations devant servir de base à la définition d’une stratégie belge en matière d’intelligence artificielle. Un cahier de recommandations a été publié suite à des travaux communs mais il servira surtout de feuille de route au futur gouvernement quand il verra le jour. En attendant, certains ne veulent plus attendre. BeCentral, la ruche digitale du centre de Bruxelles, accueille en ce moment une initiative d’envergure fédérale de séminaires sur l’IA destinés aux doctorants de tout le pays. Derrière ce projet on retrouve Hugues Bersini, éminent spécialiste universitaire de la question. La Belgique regorge d’ailleurs de personnalités académiques de premier plan en la matière, autant au nord qu’au sud du pays mais c’est la première fois qu’elles sont réunies dans une initiative commune d’apprentissage. Toujours au rayon formation, Agoria, la fédération des entreprises de l’industrie technologique, a lancé cette semaine le premier cours en ligne sur l’intelligence artificielle gratuit et simple d’utilisation à destination des employés. Les acteurs de terrain ont donc pris les choses en main mais il manque encore un cadre comme ont pu le développer certains de nos voisins.

La France a fait de l’IA une priorité et en récolte déjà les fruits.

La France en a d’ailleurs fait un cheval de bataille et en récolte déjà les fruits. Cette année, les start-ups françaises spécialisées en intelligence artificielle ont attiré plus d’un milliard d’euros de financement, du jamais vu. Avec ce record, elles dépassent leurs homologues britanniques ou israéliennes, historiquement à la pointe dans le domaine. Certains axes de la stratégie française pourraient nous servir d’exemple. On retiendra la création d’instituts interdisciplinaires, celle d’un fonds doté de plusieurs centaines de millions d’euros, ou encore d’un supercalculateur destiné à la recherche en IA.

S’il est maintenant acquis que l’intelligence artificielle n’est plus un mythe et que notre pays possède un véritable potentiel en la matière, acceptons d’investir massivement dans la formation et la création d’entreprises en la matière pour s’assurer de ne pas rater ce train-là.

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