chronique

La French Tech, exemple à suivre pour la Belgique ?

Cette semaine, si vous lisiez la presse économique de nos voisins français, vous aurez peut-être remarqué la nomination de ce qu’ils appellent la "French Tech 120". Plus précisément, c’est un groupe de 83 nouvelles startups qui viennent rejoindre les 40 jeunes pousses qui faisaient déjà partie du "Next 40".

La France a bâti au cours des dernières années une enseigne nommée la " French Tech " dont le plus fervent représentant n’est nul autre que… Emmanuel Macron lui-même. En effet, souhaitant faire de la France une " Startup Nation ", le président a diffusé depuis le début de son quinquennat un message à l’ensemble des entrepreneurs et investisseurs pour les encourager à faire du pays l’incubateur de nombreuses initiatives prometteuses. L’organisme de la " French Tech" est la marque de référence en matière de startup, elle a pour mandat de soutenir et développer l’entrepreneuriat en France.

En septembre dernier, elle avait annoncé la liste du " Next 40 " afin de mettre en lumière 40 pépites du territoire français en hyper croissance (comprenez des entreprises dont le volume d’affaires est démultiplié chaque année). Évaluées sur des critères de performances (levées de fonds, croissance, chiffre d’affaires, etc.), ces entreprises incarnent ce qui se fait de mieux en matière de startups et se voient promises le soutien du gouvernement français.

On peut par exemple citer dans cette liste Veepee (anciennement Venteprivée.com), BackMarket (eCommerce d’objets reconditionnés), ManoMano (marketplace de bricolage), Payfit (comptabilité), Meero (photographie), OVH (serveurs), Doctolib (rendez-vous médicaux), Frichti (livraison de repas), ou encore Blablacar (covoiturage). Autant de champions que la France souhaite mettre en avant.

L’objectif est de pouvoir soutenir la naissance de leaders mondiaux dans différents domaines. Cela se traduit par une aide dite " sur mesure " par la " French Tech " (des opportunités de contrats avec l’État, une facilité d’expérimentation de leurs solutions et produits, un accompagnement par un " Startup Engagement Manager " et une visibilité renforcée), gratuite et renouvelable, chaque année. Bref, de quoi fortement augmenter leurs chances de succès.

83 nouvelles startups rejoignent ainsi le 40 déjà présentes pour constituer la "French Tech 120". Parmi ces dernières, on reconnait certains noms comme Qonto, la fintech qui annonçait la semaine dernière une levée de 104 millions d’euros, Feed qui propose des substituts aux repas, le media Brut., Lydia et Lunchr. Nous ne manquerons sans doute pas d’entendre parler des autres prochainement.

Il faut dès lors reconnaitre à la France qu’elle se donne les moyens de créer des réels champions nationaux qui pourront porter son étendard sur la scène internationale. Dans un monde économique dominé par les entreprises américaines du GAFA (Google, Amazon, Facebook, Tesla, Apple, etc.) et rapidement rattrapé par les entreprises chinoises du BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), l’Europe se retrouve prise au piège, et avec peu d’entreprises capables de rivaliser face à ces géants, voyant donc son influence internationale diminuer. Il sera donc décisif pour les États membres d’effectuer progressivement un choix s’ils ne veulent pas se retrouver complètement effacés de la scène économique. Soit en soutenant les champions européens ensemble comme un seul pays (dès lors pour la Belgique en faisant la promotion des startups françaises, par exemple), soit en contribuant à la création de leurs propres champions locaux qu’ils soutiendront dans leur expansion mondiale.

Pourquoi ne pas se donner la peine de tenter le second à la vue des nombreuses retombées positives possibles pour un pays comme la Belgique ? Pourquoi ne pas encourager les pouvoirs publics belges à promouvoir les initiatives entrepreneuriales belges en pleine prise de vitesse (idéalement comme un marché unique, à l’échelle fédérale et pas régionale comme cela est parfois fait) ?

En tant que fondatrice de Kazidomi, jeune startup spécialisée dans l’eCommerce de produits sains et naturels et en croissance rapide, j’ai eu l’opportunité de rencontrer de nombreux profils d’entreprises qui n’ont rien à envier à la French Tech 120, si ce n’est un peu d’ambition alimentée par le soutien d’un pouvoir public prêt à assurer leurs arrières. De nombreuses sociétés me viennent à l’esprit comme candidats pour intégrer un projet de " Belgian Tech ", à commencer par celles actives dans le secteur de la biotech, particulièrement bien représenté en Belgique, mais également dans les solutions technologiques (Showpad, Odoo, Collibra, Sortlist, Datacamp) et même dans les projets destinés aux consommateurs (NewPharma, ListMinut, BSit, etc.).

La question est donc posée : et si on soutenait notre élite entrepreneuriale pour en faire des champions sur la scène internationale, avec tout le soutien qu’ils méritent pour faire briller notre pays ?

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