chronique

La nouvelle guerre d'Amazon

Journaliste

Le géant américain s'est trouvé un nouveau terrain de jeu. Ce sera désormais les jeux vidéo. Le marché est appétissant, mais pas forcément facile à attaquer.

La nouvelle guerre est déclarée. Et elle s'annonce fracassante. Elle a été lancée par Amazon qui avait fait part depuis longtemps de cette envie toujours plus titillante de se lancer sur le marché du jeux vidéo. L'info est remise dans chaque article traitant du secteur, mais elle reste la plus efficace pour mesurer l'ampleur du phénomène: aujourd'hui, avec ses 300 milliards de dollars, l'industrie du jeu vidéo est plus importante que celle de la musique et du cinéma. Réunis. Pour une entreprise comme Amazon, qui compte à peu près autant de business qu'Ikea a de chaises différentes, le secteur est donc plutôt alléchant. Mais quand on a pris l'habitude de faire les choses en grand, une nouvelle diversification se prépare avec soin. Chez Amazon, cela se fait à coups de milliards et de recrutement de ce qui se fait de mieux dans le secteur.

L'assaut du marché n'est toutefois probablement pas aussi aisé que prévu. En réalité, le groupe s'y est même déjà cassé quelques molaires. Bien que les annonces se succèdent depuis plusieurs années, la chambre des trophées d'Amazon est désespérément vide. La liste des réalisations compte pour le moment un développement du titre de "Breakaway" arrêté en dernière ligne droite en 2018 et la fin de la vente de ses titres "The Grand Tour" et de "Crucible", seulement quelques mois après leur lancement.  Amazon s'est rendu compte, probablement un peu brutalement, de l'exigence du secteur et de ses utilisateurs. Peut-être aussi que les milliards ne suffisent pas toujours pour devenir la nouvelle référence des gamers.

Phénomène New World

Les institutions du marché doivent forcément regarder avec inquiétude l'arrivée des géants.

Renoncer n'est toutefois pas vraiment l'habitude de Monsieur Bezos. La dernière tentative semble enfin la bonne. Le résultat se nomme "New World" et agite déjà la planète geek. Lancé au milieu de la semaine, le jeu a notamment atteint un pic de 700.000 utilisateurs connectés en même temps pour s'affronter à coups de sorts et d'attaques tranchantes en tout genre. Les streamers adorent et les retransmissions de parties sont dans le top des plus vues sur Twitch. C'était d'ailleurs un peu trop pour les serveurs d'Amazon qui ont planté à de nombreuses reprises. Si l'engouement a parfois mis la patience de certains joueurs à rude épreuve, la critique semble donc plutôt unanime sur la qualité du jeu. Suffisant pour déjà anticiper quelques bouleversements et pousser tout un secteur à se remuer. Car Amazon n'est pas le seul nouveau combattant à pointer l'épée numérique. De l'autre côté du champ de bataille, se profile le soldat Netflix. La société au "toudoum" légendaire a choisi une autre stratégie: racheter un acteur du marché. Son dévolu s'est posé cette semaine sur "Night School Studio", une entreprise reconnue pour son titre Oxenfree. La stratégie est donc différente avec un public cible tout autre, mais l'ambition est semblable à celle d'Amazon.

Les institutions du marché doivent forcément regarder avec inquiétude l'arrivée des géants. Car on a beau être une référence depuis des années, les chutes vertigineuses font aussi partie du jeu. Ce n'est pas Konami qui dira le contraire. Pendant des années, son PES  a fait de l'ombre au Fifa d'Electronic Arts. EFootball, son dernier titre sorti ce vendredi, est déjà rentré dans l'histoire. Il est parvenu à réaliser l'exploit d'obtenir la plus mauvaise cote jamais enregistrée sur la plateforme de distribution Steam. Le tout en seulement quelques heures.

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