chronique

Le bon argument pour le bon débat 5G

Journaliste

La 5G fait encore et toujours parler d’elle. Faire du sujet un débat démocratique est la meilleure solution pour répondre aux interrogations. Les faits et la nuance plutôt que les raccourcis et conclusions trop rapides. On a déjà entendu ça quelque part.

C’est sympa la démocratie. Par exemple, quand un sujet chiffonne un peu trop de monde, ce bon vieux régime politique permet de prendre des décisions de façon la plus transparente possible. Quand une nouvelle technologie - prenons au hasard la 5G - suscite des interrogations légitimes sur des effets à long terme, ouvrir la discussion ne peut être qu’une bonne idée. Ce point est d’ailleurs à peu près le seul sur lequel, acteurs du marché, politiques, pro et anti-5G sont d’accord

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La proposition faite par le ministre bruxellois Alain Maron, en charge de l’écologie à Bruxelles, de se lancer dans de l’exercice démocratique est donc louable. La démarche aurait même peut-être pu arriver un chouia plus tôt, mais on ne va pas chipoter.

Ce genre de débat devrait faire grandir la société. Il y a toutefois quelques petites conditions pour que cela marche.

Ce genre de débat devrait faire grandir la société. Il y a toutefois quelques petites conditions pour que cela marche. La plus importante : s’appuyer sur des arguments solides et sur des faits vérifiés. Évident, mais un petit rappel ne fait jamais de mal. Cela évite que la discussion se rapproche de celles qu’on pouvait avoir à une époque, de plus en plus lointaine, au coin du bar. Alain Maron serait donc peut-être inspiré d’aller revoir la communication d’une partie de ses soutiens. Le flyer anti-5G, distribué par son aile locale à Berchem-Sainte-Agathe aligne les conclusions un peu rapide, notamment sur l’outil de surveillance que serait la 5G et les pertes d’emplois qu’elle génèrerait. Quelques mois plutôt, c’étaient aux jeunes du parti de sortir un avis radical. Chacun se fera son avis sur le ton de la communication, trouvable en deux clics et demi sur les réseaux.

Sur le fond, la carte blanche mélangeait notamment danger pour la biodiversité, multinationales majoritairement issues de pays non démocratiques et même logique néocoloniale. Pour rappel, Ecolo fait partie de la majorité fédérale, dont la ministre Petra De Sutter (Groen), a récemment expliqué qu’elle  ne s’opposerait pas à la 5G. Il y a une semaine, en commission parlementaire, elle a même dévoilé un premier calendrier de déploiement.

Interroger une technologie naissante est essentiel dans son processus de création.

L'art de la nuance

Pour l’effet-choc, on fait difficilement mieux. Pour la nuance, par contre, on repassera. Petra De Sutter se serait d’ailleurs certainement bien passée de ces quelques sorties de son parti frère. Interroger une technologie naissante est toutefois essentiel dans son processus de création. Mais autant le faire avec le recul nécessaire. Comme peut le faire, par exemple, l’omniprésent Étienne de Callataÿ, interrogé par nos confrères du Soir sur la question. Son avis personnel est tranché et devrait même plaire aux plus inquiets de la 5G.

L’économiste est visiblement assez perplexe sur l’urgence de développer actuellement la technologie. Une opinion qui tranche et qui est discutable, mais une opinion construite et donc bien plus facile à entendre. Pourquoi ? Car son avis a le très gros avantage d’être tout en nuance, amené par un "je ne suis en rien un expert en télécommunication" et emballé par des "soyons critiques" et autres "j’ai des doutes", plutôt que des affirmations piquantes. En trois nuances, le message devient clair, équilibré et audible de tous. Même de ceux qui ne pensent pas comme lui.  La base d’un bon débat.

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