Le commerce du riz passera par une technologie "made in Belgium"

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Sept millions de tonnes de riz emprunteront chaque année la nouvelle plateforme de Rice Exchange. La technologie blockchain utilisée a été développée à Bruxelles par une équipe belge.

Le commerce du riz est une activité opaque, complexe et extrêmement exigeante en terme de processus, souvent encore basée sur le papier. Les exigences de certification pour les importations de riz varient d’une région à l’autre et les documents doivent être vérifiés et mis en correspondance manuellement, ce qui est très coûteux et sujet à de multiples erreurs humaines. Les documents liés au commerce du riz doivent ainsi voyager dans le monde entier avec les marchandises, avec un risque de pertes de temps coûteuses en raison de documents défectueux ou perdus.

Pour pallier à cela, Fujitsu a développé pour Rice Exchange une plateforme digitale pour le négoce du riz au niveau mondial basée sur la technologie blockchain. La blockchain, c’est une technologie décentralisée qui permet le stockage et la transmission d’informations ou de transactions. On peut comparer la blockchain à une base de données mondiale partagée entre plusieurs utilisateurs. L’utilisation de cette technologie permet surtout une transparence complète sur les transactions et garanti une sécurité et une traçabilité des actions et documents qui sont stockés dans cette fameuse chaîne de bloc.

"Rice Exchange est un exemple puissant des applications concrètes de la blockchain."
Frederik De Breuck
Directeur Fujitsu Blockchain Innovation Center

Au sein de la plateforme qui nous occupe, les différents acteurs du secteur peuvent effectuer des transactions et organiser des assurances, des expéditions, des inspections et des règlements. L’objectif étant de créer des données vérifiées et immuables pour toutes les parties prenantes que sont les acheteurs, les vendeurs, les expéditeurs, les inspecteurs, les assureurs, les régulateurs et les opérateurs de systèmes de paiement. Quand on sait que les volumes de transactions internationales du riz ont été multipliés par cinq en 30 ans et que le marché mondial du riz représentait 450 milliards de dollars en 2018, il y a de quoi faire.

Bruxelles à la pointe de la technologie blockchain

Cocorico, c’est à Bruxelles qu’a été développée cette plateforme par Frederik De Breuck, responsable du Fujitsu Blockchain Innovation Center à Bruxelles et son équipe. "La durabilité, le suivi et la traçabilité, ainsi que la provenance sont au cœur du Rice Exchange, qui est un autre exemple puissant des applications concrètes de la blockchain", explique-t-il. La plate-forme Ricex permet, par exemple, aux acheteurs de rechercher du riz certifié ayant été cultivé de manière durable. Cela donne aux acheteurs une certitude quant à la provenance du riz et permet aux producteurs d’appliquer un prix plus élevé correspondant à la qualité du produit.

"La technologie de Fujitsu nous permet de supprimer les nombreux obstacles qui ont empêché un commerce transparent et à faible risque du riz, et permet aux négociants d’acheter cet aliment de base essentiel en toute confiance en obtenant un produit de qualité. à un prix équitable", explique de son côté Stephen Edkins, CEO de Ricex qui héberge la plateforme.

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Reste à savoir quel taux d’adoption remportera cette plateforme. Changer les habitudes de commerce d’un secteur entier au niveau mondial ne se fait pas sur un claquement de doigts. Aussi avantageuse soit-elle, la technologie blockchain n’est pas accessible au quidam sans une formation ad hoc. La technologie blockchain a réussi à pénétrer certains secteurs comme celui du transport de marchandises avec notamment l’adoption par le géant du transport maritime Maersk d’une plateforme utilisant la blockchain pour sécuriser et numériser l’ensemble des documents associés à une cargaison. Ricex, basé à Singapour, a convaincu 400 entreprises du secteur issues de 60 pays différents de s’impliquer avant le lancement de la plateforme. Ces entreprises se sont engagées à commercer au minimum 7 millions de tonnes de riz sur une base annuelle. Une bonne base de départ mais qui devra rapidement grossir pour devenir un acteur de poids dans le secteur du petit grain.

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