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Leansquare, 13 millions d'euros d'investissements à la sauce liégeoise

Ben Piquard et Laurent Burton, les deux têtes pensantes de Leansquare.

D’une structure destinée à stimuler l’entrepreneuriat liégeois à un fonds d’investissement avec des ambitions internationales, la sauce liégeoise de Leansquare a bien pris en 5 ans. Structure mi-privée, mi-publique, elle a fait le pari de la sectorialisation de ses investissements et d’un accompagnement ciblé et sans limite de temps.

L’histoire de Leansquare, c’est celle d’une start-up. À l’image des jeunes entreprises innovantes qu’elle accompagne, la structure liégeoise a connu son lot de réussites, d’échecs et de leçons. Leansquare, c’est la petite sœur de Noshaq, la structure d’investissement liégeoise anciennement connue sous l’appellation plus régionale de Meusinvest.

Noshaq a lancé Leansquare en 2014 dans le but de soutenir les premières start-ups technologiques qui voyaient le jour dans la province de Liège. "Le bébé a aujourd’hui bien grandi et est maintenant en fin d’adolescence. On atteint une certaine maturité", se réjouit Laurent Burton. Ancien dirigeant de Noshaq de 2002 à 2008, il est aujourd’hui président de Leansquare. 

Pas un fonds d’investissement classique

À son lancement, Leansquare pratiquait ce qu’on appelle de l’amorçage avec des financements assez faibles qui permettaient aux entrepreneurs de se lancer. La principale mission était de stimuler l’économie locale.

13,1 millions
d'euros
En 5 ans, 13,1 millions ont été investis par Leansquare dans 48 start-ups différentes.

Avec aujourd’hui 46 start-ups dans son portefeuille, des participations moyennes et des levées de fonds autour de 250.000 euros, Leansquare est devenu un véritable fonds d’investissement. Le fonds se différencie tout de même par une approche différente par rapport à un fonds classique dont l’unique objectif est la rentabilité. Ici, l’accompagnement proposé n’a pas de limite dans le temps et la revente des participations dans les start-ups ne semble pas la priorité des dirigeants.

Sa capacité d’investissement, Leansquare la puise majoritairement via des fonds publics. Pour la période 2014-2019, le fonds d’investissement a pu compter sur des moyens d’action à hauteur de 12,6 millions d’euros dont 10,1 millions étaient issus de la Région wallonne et 2,5 millions en provenance de Noshaq et de ses investisseurs privés.

Actionnariat à 60% privé

Car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, Leansquare n’est pas un fonds d’investissement public à proprement parler. Son actionnariat est composé à 60% d’entreprises privées et seulement à 40% par des organismes publics. On retrouve ainsi au capital: NSI, NRB, BNP, Nethys, Nivelinvest, Noshaq et le fonds wallon Wing.

Nous avons mis à disposition d’un ensemble de start-ups des compétences, un réseau et des ressources. On amène beaucoup plus que du cash.
Ben Piquard
CEO de Leansquare

En 5 ans, 13,1 millions ont été investis par Leansquare dans 48 start-ups différentes. La clôture de ces chiffres ayant été effectuée à la fin juin 2019, il faut ajouter les nouvelles participations acquises dans Jestocke.com, La Niche, Little Guest, Solarly, Studytracks, Zapfloor et Vigo Universal. En 5 ans, on dénombre deux faillites – Ticket Venture et Abrakam – ainsi que trois reventes (Goffard Sisters, Panora.me et Royal App Force).

L’impact de Leansquare peut se mesurer aux 160 emplois créés au sein des entreprises financées et à un effet de levier qui a permis à ces mêmes entreprises de lever plus de 75 millions d’euros au total.

Positionnement dans la musique et le cargo

Après avoir fait augmenter le volume de start-ups dans son portefeuille, Leansquare a commencé à opérer par positionnement sectoriel avec, par exemple, le lancement de Wallifornia MusicTech pour les start-ups liées à l’industrie musicale et des médias, et, plus récemment, avec la conclusion d’un partenariat avec l’aéroport de Liège pour développer un pôle de start-ups liées à l’activité cargo de ce dernier.

Avec 46 start-ups dans son portefeuille, des participations moyennes et des levées de fonds autour de 250.000 euros, Leansquare est devenu un véritable fonds d’investissement.

Une stratégie payante et qui sera encore plus développée à l’avenir, selon Ben Picquard. "En faisant cela, nous avons mis à disposition d’un ensemble de start-ups des compétences, un réseau et des ressources. On amène beaucoup plus que du cash", résume-t-il.

Ben Piquard, c’est l’homme indissociable de l’histoire de Leansquare. Véritable pilier de l’écosystème start-up en Belgique, il voit désormais défiler 250 dossiers de start-ups par an, "alors qu’à l’époque, il fallait chercher pour trouver 10 bons dossiers dans lesquels investir". Aujourd’hui, il doit se battre pour les attirer au sein du portefeuille de Leansquare.

Un quart du portefeuille dans des start-ups étrangères

Si Leansquare a trouvé sa place au sein de l’univers bouillonnant des start-ups wallonnes, le fonds d’investissement compte bien ne pas se limiter aux frontières de la région. Une question d’ambition, mais aussi de pertinence. On reproche d’ailleurs parfois au fonds liégeois d’avoir trop investi dans des start-ups étrangères. Dans les chiffres, on constate qu’un quart du portefeuille en est composé, mais les dirigeants se justifient sans détour: "C’est grâce à ces investissements que nous pouvons faire progresser nos start-ups maison et créer un réseau et une marque reconnue pour Leansquare".

Pour encore passer un palier, Leansquare déménagera en septembre dans La Grand Poste, le nouveau point de rendez-vous créatif et digital de la cité des prince-évêques.

Le Quoi? // La différence entre une start-up et une scale-up

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