chronique

Les Anglais veulent faire plier les géants de la Tech

Journaliste

Le Royaume-Uni a frappé fort avec la mise en place de nouvelles règles pour l’ensemble des objets connectés présents sur son territoire.

L’internet des objets, expression fourre-tout qui comprend à la fois les caméras de surveillance connectées, les assistants vocaux de Google ou Amazon et tout autre objet dit "connecté", a toujours joui d’une liberté d’action due à son caractère innovant et ses promesses d’amélioration du quotidien des consommateurs.

L’effet de surprise initial passé, les régulateurs se sont d’abord interrogés sur comment réussir à légiférer sur une ou des technologies qu’ils ont du mal à appréhender et nous sommes à présent dans la phase active, avec des législations adaptées qui voient le jour. C’était le cas cette semaine au Royaume-Uni avec la décision du gouvernement britannique d’introduire des règles en matière de sécurité très strictes pour ce qu’on appelle outre-Manche "Internet of things" ou, en bon français, l’internet des objets.

Les fabricants de ces objets et gadgets connectés devront maintenant fournir des nouvelles couches de sécurité pour pouvoir vendre leurs produits sur le sol anglais. C’est le département anglais du Digital, de la Culture, des Médias et du Sport qui veut obliger les fabricants d’objets connectés à se plier aux nouvelles règles.

Mot de passe unique

La peur des Anglais, c’est de voir se multiplier les attaques sur ces objets connectés qui sont beaucoup plus vulnérables qu’un ordinateur ou un smartphone. Les fabricants devront notamment désormais livrer les objets connectés avec un mot de passe unique pour éviter que les pirates informatiques ne puissent s’emparer des appareils dont les utilisateurs oublient de changer les mots de passe et noms d’utilisateur de base, ce qui arrive très régulièrement.

Les objets connectés sont devenus un segment très important de l’industrie électronique dédiée aux consommateurs, mais ils sont restés jusqu’ici dans un flou régulatoire dont les fabricants ont profité. Ces nouvelles normes anglaises pourraient changer la donne et inspirer d’autres pays.

Moins d’obsolescence

L’une des nouvelles mesures est même une première mondiale puisqu’elle impose aux géants de la Tech et fabricants d’objets connectés d’expliciter et de détailler durant combien de temps les appareils seront mis à jour et supportés par leur fabricant. Historiquement, lorsqu’un appareil était acheté, il était impossible de savoir jusqu’à quand vous pourriez l’utiliser avec les dernières mises à jour et le support adéquat du fabricant. Il s’agit d’un réel pas en avant vers moins d’obsolescence programmée. Cette réglementation anglaise pourrait servir de base à une future législation européenne en la matière. Comme quoi, l’Europe peut encore s’inspirer de ses voisins anglais.

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