chronique

Les idéaux de la Silicon Valley s'affadissent

Les entreprises de la Silicon Valley ont pendant longtemps fait écho à un idéal de gouvernance. Pourtant, cette semaine, Google a mis fin à sa tradition de la réunion hebdomadaire rassemblant ses employés, où la liberté d’expression était totale.

Depuis plusieurs années et surtout lors des derniers mois, les représentants de la vallée comme Google, Facebook ou Apple sont rentrés dans le rang et font face à des problèmes dévolus aux entreprises dont elles ont combattu les valeurs pendant tant d’années.

Si Apple et Facebook sont devenues depuis longtemps des entreprises dites classiques, Google avait longtemps conservé son statut initial d’entreprise à la pointe et qui servait de référence en termes d’environnement de travail et de gouvernance interne.

La Silicon Valley ne serait plus une fabrique à rêve mais juste une bande de terre rassemblant des mastodontes n’ayant plus l’agilité pour perpétuer les idéaux de transparence.

Cette semaine, la société basée à Mountainview a pourtant mis fin à l’une des traditions qui lui permettaient de conserver ce statut: les TGIF. Acronyme pour "Thank God it’s Friday", c’était le nom donné à un meeting hebdomadaire tenu tous les vendredis avec l’ensemble des employés du groupe et où la liberté d’expression était totale et permettait aux employés de poser n’importe quelle question aux patrons de l’entreprise, sans filtre.

En mettant fin à cette tradition, c’est un monde qui s’écroule pour beaucoup au sein de l’écosystème local. Cela peut paraître anodin vu d’Europe, mais au sein du campus californien de Mountainview qui accueille chaque jour des milliers d’employés, la nouvelle en a attristé beaucoup. Facebook avait lancé le mouvement il y a quelques semaines en supprimant ses meetings du même ordre, synonymes de transparence.

Fin d’une époque

©Bloomberg

Les raisons officielles exprimées par les deux entreprises sont de trop nombreuses fuites dans la presse des discussions ouvertes entre les employés de l’entreprise et leurs dirigeants. Officieusement, les porte-drapeaux de la Silicon Valley sont en train de rentrer dans le rang en renonçant à des principes fondamentaux qui ont fait leur aura depuis 20 ans.

Une évolution naturelle si l’on en croit les suiveurs de l’écosystème local. Un écosystème qui aurait fait son temps et ne serait plus une fabrique à rêve, mais juste une bande de terre rassemblant des mastodontes technologiques n’ayant plus l’agilité pour perpétuer les idéaux de transparence et de nouvelle gouvernance.

Le prix du rêve

Avec cette fin de cycle, l’idéal qu’a pu représenter la Silicon Valley s’évapore peu à peu dans le brouillard de la baie de San Francisco. Un idéal déjà bien mis à mal depuis l’explosion de coût de la vie. Ici, il n’est pas surprenant de tomber sur un chauffeur Uber qui est en fait ingénieur électronique à plein-temps. Impossible de payer son loyer sans cumuler deux emplois. Pourtant, le sud de la Californie fait toujours rêver dans le monde entier. Réussir ici reste un must, mais pour combien de temps encore et à quel prix?

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