chronique

N'importe qui peut devenir entrepreneur. Même en Belgique.

Oui, n’importe qui peut devenir entrepreneur. Mais tout le monde ne deviendra pas un grand entrepreneur.

Dans une société d’investissement telle que The Family, cette conviction n’est pas sans conséquence : elle nous pousse à l’humilité face aux entrepreneurs que l’on rencontre tant nous savons qu’un prochain Google peut surgir de n’importe où.

Pire (ou mieux) encore, nous constatons, rétrospectivement, que les licornes d’aujourd’hui — sociétés dont la valorisation dépasse le milliard d’euros — étaient des idées sinon saugrenues, au moins insignifiantes. J’en veux pour preuve : qui en 2004 aurait pu prédire qu’un jeune étudiant d’Harvard créerait un réseau social qui perturberait les élections américaines de 2016 ? Ou encore qu’une société de taxis fondée il y a peine 10 ans compterait maintenant plus de 3 millions de chauffeurs à travers le monde ?

"Nous sommes donc bien loin de cet entrepreneur stéréotype au look décontracté sirotant des jus détox derrière son ordinateur Apple."
Ayoub Assabban
Venture Director de The Family

De ce constat, force est de reconnaitre que la plus grande crainte d’un investisseur n’est plus de mettre son argent dans une société qui échouerait, mais bien de refuser d‘investir dans une société qui s’avérera être la poule aux œufs d’or. Ainsi, si les investisseurs se targuent souvent — comme des enfants qui vous présenteraient fièrement leurs jouets — d’avoir telle ou telle startup dans leurs portefeuilles, rares seront ceux qui vous parleront de leurs "anti-portefeuilles" sans peine ; mais c’est une douleur à laquelle ils consentent.

De là à penser que tout ce qui parait a priori ridicule pourrait devenir une évidence par la suite, il n’y a qu’un pas ! The Family est précisément né pour ces entrepreneurs qui commencent par faire des choses ridicules et de les aider dans leurs actes de rébellion. Car oui, une startup, est par essence une lutte visant à bouleverser le statu quo et sa réussite requiert un tel niveau d’énergie qu’elle en devient anormale, voire irrationnelle. Nous sommes donc bien loin de cet entrepreneur stéréotype au look décontracté sirotant des jus détox derrière son ordinateur Apple ; la réalité du monde des startups s’apparente davantage à un combat… contre soi-même d’abord, contre le monde ensuite. En fin de compte, la seule façon d’avoir du succès en tant qu’entrepreneur est soit d’avoir un énorme coup de chance, soit d’être très déterminé pendant très longtemps, en travaillant sur beaucoup d’idées et de startups pour enfin réussir — ce que l’on appelle pivot dans le jargon entrepreneurial.

L’entrepreneuriat n’est pas fait pour tout le monde, loin s’en faut ; mais chacun a une chance à saisir. Dans une ville comme Charleroi, où le taux de NEET’s (pourcentage des 18–24 ans ne se trouvant ni à l’emploi, ni en enseignement, ni en formationdépasse les 23%, je pense qu’un tel message a du sens et c'est pour cela qu'Oussama Ammar vient le porter ce vendredi 04 octobre au coeur du renouveau industriel de la ville.

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