portrait

Nikolay Storonsky, le banquier nageur aux 10 millions de clients

Revolut vient de lever 500 millions de dollars et passer le cap des 10 millions de clients. Derrière cette banque digitale au succès fulgurant se cache Nikolay Storonsky, un ancien champion de natation.

Avec son visage cerné et ses cheveux blonds mi-longs plaqués derrière ses oreilles, il ressemble aux méchants Russes dans James Bond. Nikolay Storonsky, Nik pour les intimes, n’a pourtant rien d’un bandit international. C’est un génie de la finance qui s’est mis en tête de briser les monopoles bancaires en développant une banque 100% digitale et sans frontières.

Le profil
  • 1984: Naissance à Moscou
  • Diplomé de l’Institut de Physique et de Technologie et de la New Economic School de Moscou
  • 2006: Trader chez Lehman Brothers
  • 2008: Trader chez Credit Suisse
  • 2013: Fonde Revolut 
  • 2020: Lève 500 millions de dollars 

Il a fondé sa start-up Revolut avec un ancien compère et compatriote, Vlad Yatsenko, rencontré lors de sa courte carrière dans le secteur bancaire. D’abord trader chez Lehman Brothers, il est obligé de quitter la banque lors de sa faillite retentissante. Il rebondit chez Crédit Suisse, mais ce fils d’un haut gradé de Gazprom, le géant du gaz et du pétrole, s’ennuie quelque peu et rêve de changer l’expérience bancaire des clients, de rendre les banques "cool".

Loin des clichés start-up

Objectif 20 millions

Avec un lancement aux États-Unis en 2020, Nikolay Storonsky espère doubler le nombre de clients de Revolut. Pour l’instant, la start-up en compte 10 millions et espère atteindre les 20 millions pour la fin de l’année.

Pour atteindre cet objectif, Revolut va cibler le marché des professionnels et des entreprises où elle ne compte que 300.000 clients à travers le monde pour le moment.

 

Jusque-là, son parcours à lui n’a rien de spécialement "cool", on le qualifiera plutôt de premier de classe avec une maîtrise en physique obtenue au prestigieux Institut de Physique et de Technologie de Moscou, une maîtrise en économie à la New Economic School de Moscou et un titre de champion de natation au niveau national.

C’est donc avec un peu de mal qu’il enfile le costume du fondateur de start-up quand il se lance dans l’aventure Revolut en 2013. L’esbroufe et la cool attitude du monde des start-up? Très peu pour lui. Son truc à lui, c’est le travail. Il arrive au bureau vers 8 heures du matin et ne le quitte que tard le soir tous les jours de la semaine, même le dimanche. Il se force à aller se montrer dans les rassemblements technologiques, car il sait que cela peut servir son entreprise, mais son seul objectif est d’atteindre 100 millions de clients et de révolutionner le secteur bancaire.

L'ami des fonds

Le jeune homme vient d’annoncer une levée de fonds impressionnante de 500 millions de dollars qui porte sa valorisation à 5,5 milliards de dollars, ce qui fait d'elle l'une des fintech à la valorisation la plus élevée au monde.

Le principal investisseur de ce tour de table est le fonds américain TCV, qui a déjà injecté plus de 1,5 milliard de dollars dans le secteur fintech ces dernières années. Au total, Nikolay Storonsky a réussi à lever plus de 838 millions de dollars depuis le lancement de Revolut.

 

Il a fondé Revolut sur un constat personnel: il lui était impossible d’obtenir une carte bancaire multidevise et il perdait beaucoup d’argent avec les frais de transactions et les commissions de taux de change. Déterminé à trouver une solution, il décide de la créer lui-même. Pour atteindre cet objectif, il est quasi prêt à tout et demande de ses équipes une implication totale, ce qui a valu à sa start-up d’avoir un taux de démission très élevé et quelques polémiques sur la gestion des ressources humaines au sein de la start-up. Nikolay Storonsky assume et préfère laisser quelques employés sur le carreau s'il peut arriver à son objectif.

Éradiquer les frictions bancaires

La banque digitale, qui emploie 2.000 personnes, a son siège à Londres. Elle a pour ambition de grandir vite à l'international, notamment en Asie, en Australie et aux États-Unis.

En Belgique, Revolut possède des bureaux à Anvers et Bruxelles, mais représente une part de marché très faible avec 100.000 clients sur le sol belge.

Ce père de deux enfants et fan de kitesurf a montré un certain talent pour détecter et éradiquer les frictions et les frustrations de l'expérience utilisateur des services financiers. Revolut permet, via son application, d'ouvrir un compte gratuitement en quelques minutes et de détenir 24 devises et 5 cryptomonnaies simultanément.

Le rêve de Nikolay Storonsky est devenu réalité. Reste à atteindre la rentabilité - ce sera pour cette année, selon ses déclarations - et réussir à devenir la banque principale de ses clients, le défi majeur pour toutes les néo-banques.

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