chronique

Où sont passés les rois de l’innovation?

Journaliste

La présentation du nouvel iPhone n’a pas vraiment bluffé le marché. C'est presque devenu une habitude... Au point de se demander si les innovations des géants de la tech font toujours la différence.

Les dévoreurs de pommes l’attendaient depuis des semaines. Il est enfin là: l’iPhone 12 a officiellement été présenté mardi. Au menu, un prix entre 700 et 1.100 dollars euros, un appareil compatible 5G, un look qui fait furieusement penser à la version de son arrière-arrière-arrière-arrière grand-père l’iPhone 6 et une encoche réduite de quelques dixièmes de millimètres. C’est tout ? À peu près, oui. On peut aussi signaler que le chargeur et les écouteurs ne seront plus vendus pour des "raisons écologiques". Et tant pis si, en parallèle, la marque pousse à renouveler son smartphone, objet parmi les plus polluants au monde à produire. Pas de doute: niveau marketing, ils sont toujours aussi forts chez Apple. Mais du côté de l’innovation, Tim Cook et ses collègues semblent, en revanche, avoir de plus en plus de mal à trouver ce qui fera vraiment la différence. Écran pliable, caméra derrière l’écran, appareil photo rétractable, les grandes évolutions du petit écran sont aujourd’hui à aller chercher chez les principaux concurrents mais aussi chez ces "petits jeunes" prometteurs comme Oppo, Xiaomi ou Vivo.  

Mark Zuckerberg donne aussi l’impression de faire face au syndrome de la page blanche.

Apple semble aujourd’hui presque se reposer sur ses lauriers... Alors que la 5G fut présentée en grande pompe mardi chez Apple, Samsung a déjà intégré la technologie depuis un an. Si cela peut toutefois rassurer Tim Cook, la marque à la pomme n’est pas la seule à avoir du mal à bluffer le marché à coup de nouveautés. Depuis des années, Mark Zuckerberg donne aussi l’impression de faire face au syndrome de la page blanche lorsqu’il s’agit de plancher sur le réseau social de demain. Et quand on manque d’inspiration, autant aller voir ce qui se passe ailleurs.  Histoire de rester dans la course, le patron de Facebook a presque fait des rachats, sa marque de fabrique. Évidemment, Instagram ne serait pas devenu ce qu’il est aujourd’hui sans la machine Facebook. Mais pour ce qui est des grandes révolutions en interne, on a beau chercher, on ne voit plus grand-chose depuis plusieurs années. L’échec retentissant de Lasso qui devait concurrencer l’effrayant Tik Tok n’a pas vraiment rassuré.

L’exemple amazonien

À la décharge des deux géants, il est évidemment bien plus facile de renverser l’ordre établi lorsqu’on peut encore afficher le titre de start-up ou scale-up sur la devanture. Avec leurs centaines de milliers de travailleurs et leur statut de leader, les paquebots de la tech ont un peu de mal à manœuvrer. La taille n’est toutefois pas une excuse. Un certain Amazon en est probablement le plus bel exemple. À l’heure de faire des grosses annonces, Jeff Bezos parle de livraison par drone, de développement de magasins sans caisse et même de système de paiement avec la paume de la main... C’est donc encore possible.

À la décharge des deux géants, il est évidemment bien plus facile de renverser l’ordre établi lorsqu’on peut encore afficher le titre de start-up ou scale-up sur la devanture.

C’est surtout indispensable. L’affirmation est "bateau" mais confirmée depuis des lustres: impossible de survivre à long terme sans innover et constamment se réinventer. L’assise des géants est aujourd’hui suffisamment colossale pour guetter les mauvaises vagues. Mais les géants qui s’effondrent, cela n’a rien d’impossible. Et le déclin arrive parfois brutalement. Pour la plus jeune génération, Facebook est déjà considéré comme un réseau social de vieux. Et ne plus être "dans le mouv’" à 16 ans, ça fait mal.

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