chronique

Riaktr, la belle mariée qui inspire tout un secteur

Journaliste

Le spécialiste bruxellois de la data a annoncé son rachat par le Suédois Seamless. La transaction salue une histoire entrepreneuriale qui inspirera pas mal dans le secteur.

"Aujourd'hui, c’est un peu comme si on amenait notre fille à l’église." Loïc Jacobs, le cofondateur de Riaktr est un romantique. Sa fille, comme il l'appelle, s'est mariée à Seamless, un beau Suédois spécialiste du développement de logiciel. Si le nom de sa fille sonne, lui aussi, bien scandinave, son carnet de naissance indique bien Belgique. Fondée en 2009, Riaktr est devenue une référence dans l'exploitation de données avec un goût certain pour le secteur des télécoms.

Ses clients s'appellent Orange, Proximus, MTN… Son terrain de jeu se partage entre l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud. Son chiffre d'affaires titille les 5 millions et la dote prévue par Seamless pour mettre la bague au doigt de Riaktr sera proche des 20 millions d'euros. Histoire de finaliser le joli tableau, Riaktr est aussi une entreprise rentable depuis 2019. Les derniers détails administratifs doivent encore être fixés, mais c'est donc officiel, l'une des plus belles pépites de la tech bruxelloise affichera prochainement ses couleurs en jaune et bleu.

"Si les nouveaux actionnaires derrière Riaktr affectionnent sans doute plus Zlatan qu'Eden, il n'est pas question de toucher à ce qui fait la spécificité du made in Brussels."

Indispensable indépendance

Dommage peut-être pour le chauvinisme. Tant mieux par contre pour à peu près tout le reste. L'élément le plus important dans ce genre de transaction est d'ailleurs assuré. Si les nouveaux actionnaires derrières Riaktr affectionnent sans doute plus Zlatan qu'Eden, il n'est pas question de toucher à ce qui fait la spécificité du made in Brussels. Les fondateurs de l'entreprise assurent que l'indépendance dans la gestion sera conservée.

La considération était visiblement indispensable à l'heure de choisir le prétendant de la mariée. Ce sera un acteur européen à l'activité complémentaire plutôt qu'un géant du marché avec un intérêt tout relatif pour le savoir-belge. Le choix n'est évidemment pas bête. Il faut dire aussi que Riaktr est déjà une épouse particulièrement belle et qui n'a pas besoin de conseils de grand monde. Lancée il y a un peu plus de dix ans, elle est parvenue à montrer que Gand n'était pas le seul endroit où on fait particulièrement bien de la technologie en Belgique.

Reins solides

Mais si l'histoire est pleine de grâce, elle ne s'est pas construite sans quelques pépins. En dix ans, Riaktr a connu tout ce qu'une entreprise doit pouvoir encaisser pour rassurer sur sa stabilité: désaccord avec les actionnaires, bouleversements multiples à la direction, restructuration et même une crise sanitaire mondiale. Les reins sont solides.

"Soutenir le tissu entrepreneurial est aussi une finalité pour nous."
Sébastien Leempoel
CEO de Riaktr

La belle histoire d'amour qui débute n'est probablement que le début. Pour la mariée, mais pas seulement. L'histoire de Riaktr pourrait bien inspirer rapidement quelques-unes de ses copines. Rosa, Jetpack ou Accountable, par exemple. Toutes sont sorties du crâne bien fait d'entrepreneurs passés par Riaktr. La plus belle réussite de Riaktr est d'ailleurs peut-être celle-là: être parvenu à faire un vrai écosystème tech au sein de la capitale qui ne cesse de prendre de l'ampleur. En dix ans, elle a vu 19 de ses travailleurs quitter le domicile familial pour lancer 13 entreprises. "Quand quelqu’un part de chez Riaktr pour rejoindre une grosse internationale, on trouve ça dommage", expliquait il y a quelques mois Sebastien Leempoel, le CEO de Riaktr. "Soutenir le tissu entrepreneurial est aussi une finalité pour nous." En plus d'être jolie, la mariée est intelligente.

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