Signal, nouvelle messagerie "NSA-proof" pour iPhone

©doc

Alors que le cryptage du titan WhatsApp progresse, WhisperSystems, mené notamment par le jeune Belge Frédéric Jacobs se développe aussi en solo et lance sa propre messagerie, gratuite et sécurisée, sur les terminaux Apple.

Envoyer des messages de façon ultra-sécurisée via son iPad ou son iPhone, c’est désormais possible, grâce au lancement de Signal 2.0, une messagerie développée par le groupe WhisperSystems.

L’équipe, qui compte notamment le jeune développeur belge expert en cryptographie Frédéric Jacobs (ex-Storify, entre autres), est déjà responsable de la sécurisation des messages envoyés par le titan du secteur, l’Américain WhatsApp.

"Jusqu’à maintenant, nous ne proposions qu’un système de chiffrement des appels téléphoniques sur la plateforme iOS", explique Frédéric Jacobs, "alors qu’avec cette nouvelle version, on obtient quelque chose de particulièrement solide au niveau des messages également."

Une solidité validée par un expert incontestable: la NSA, qui décrit, dans des documents fuités par Edward Snowden, le protocole de cryptographie utilisé par WhisperSystems comme "cauchemardesque", lorsqu’il s’agissait de tenter de le casser.

"Le partenariat avec WhatsApp nous a permis de valider le fait que notre technologie pouvait être déployée à grande échelle, mais cette version est encore un peu plus pointue", ajoute Frédéric Jacobs.

Gros avantage: au contre de Signal, WhatsApp ne permet, pour l’instant, les échanges sécurisés qu’entre terminaux utilisant le système d’exploitation Android de Google. "Mais nous sommes toujours en développement avec WhatsApp et de nouvelles étapes devraient être franchies prochainement", indique le hacker belge.

Une solution gratuite

Autre avantage, et non des moindres, face à la concurrence sur le marché des communications sécurisées: la solution est gratuite. Là où des acteurs comme SilentCircle où le célèbre smartphone sécurisé Blackphone, monnaient chèrement la protection offerte. "Nous monétisons notre travail principalement grâce aux donations et bourses que nous recevons", explique le développeur.

La solution est développée en mode OpenSource, ce qui permet à qui le souhaite de collaborer au projet en proposant des fonctionnalités supplémentaires, de nouvelles langues ou en vérifiant l’absence de failles dans le code. "Nous avons aussi instauré un nouveau système de financement, où les utilisateurs peuvent faire une donation sur notre plateforme, qui est ensuite redistribuée entre les différents contributeurs du projet."

Des ressources alternatives qui viennent compléter les revenus que WhisperSystems tire de ses partenariats avec de plus grands groupes comme WhatsApp. "Ces partenariats ne nous empêchent pas de nous développer en solo, il n’y a pas d’exclusive."

D’autres projets seraient d’ailleurs dans les cartons, et pourraient concerner des fabricants de smartphones, qui souhaitent réitérer le succès d’iMessage sur Apple en intégrant, dès la fabrication, leur propre système de messagerie sécurisée.

500.000 utilisateurs, partout dans le monde

À noter que le mode développement en OpenSource a facilité l’autorisation du service, dans la mesure où le protocole de cryptographie n’est pas standard et que son export aurait donc pu être limité par les autorités américaines. "Comme nous travaillons plus pour l’intérêt général, la validation n’a pas été trop problématique", avoue le jeune expert de 22 ans.

Et d’insister: point de vue utilisateurs, "on dépasse le demi-million, principalement en Allemagne, où ils ont été fort secoués par les révélations de Snowden, mais aussi aux États-Unis, en Russie et en Iran, par exemple, pour les personnes qui souhaitent communiquer à l’étranger." Un public qui monte à 11 millions si l'on compte les utilisateurs de TextSecure, une autre appli du groupe, et du système d'exploitation alternatif CyanogenMod.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés