Vews, Brut, AJ+…: de nouveaux formats vidéo pour informer les millenials

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Comment amener les "millenials" à s’intéresser à l’actu? C’est la question à un euro qui hante les patrons de médias. Des initiatives voient le jour.

Nés avec le web, les jeunes désertent la grand-messe du JT de papa pour s’informer sur l’internet. À la RTBF, on veut inverser la tendance. Elle a lancé cette semaine Vews (contraction de vidéo et news), un service qui remplace les anciens JT de La Deux (le 15 et le 12 minutes). Vews, ce sont deux rendez-vous télé, mix d’actu classique et de décodage: à 18h un mini JT de 4 minutes et à 22h30, un 20 minutes analysant l’actualité sous un angle moins conventionnel. Le présentateur est debout et muni d’une tablette, il évolue dans un décor virtuel permettant de multiples habillages et insertions graphiques.

La vraie nouveauté, ce sont les vidéos, de courtes séquences traitant des sujets d’actualité sous un angle original, loin des codes du JT, avec une écriture plus rythmée faisant la part belle à l’infographie, à des vidéos issues du web voire à des extraits de films, afin d’illustrer les sujets. Ces vidéos sont diffusés sur Facebook, le site infos de la RTBF et sur sa plate-forme Auvio. "Ces sujets sont inédits ou viennent du JT, ils sont alors retravaillés pour coller au concept Vews", explique Laurent Henrard, un des présentateurs. "Dans tous les cas cela demande un gros travail car cela n’a jamais été fait à la RTBF."

80% des fans de Brut sur Facebook ont moins de 35 ans.

Vews est neutre budgétairement. Il remplace des JT existants et l’équipe vient de l’interne. Après un démarrage en fanfare, curiosité oblige, et près de 100.000 téléspectateurs, le soufflé est retombé depuis. La RTBF ne donne pas de chiffres, estimant qu’il est trop tôt pour faire un bilan. La page Facebook compte plus de 2.700 abonnés.

Novateur

Hybride, le concept est novateur en Belgique. Qu’il ait été lancé par la RTBF est assez logique, selon Damien Van Achter, enseignant et consultant en nouvelles technologies médias: "C’est un peu le rôle du service public d’investir dans la recherche et le développement", estime-t-il. Et de fait, la RTBF n’est pas la première chaîne publique à lancer ce type de service. Franceinfo avec Detox, la RTS en Suisse avec Nouvo, la ZDF en Allemagne et Al-Jazeera au Qatar avec le service AJ+ ont lancé des plateformes de vidéo d’actu.

Brut: le discours cauchemardesque de Theresa May

À la RTBF, on ne nie pas s’être inspiré de ces exemples ainsi que d’un pure player comme Brut. Cet ovni lancé voici un an par, entre autres, l’ancien producteur du Grand Journal de Canal+, se présente comme un service d’information 100% vidéo et digital diffusé sur tous les réseaux sociaux. Fait de vidéos courtes tirées entre autres de grandes chaînes mais aussi de lives diffusés sur Facebook, le format cartonne. Après quatre mois, il comptait 100 millions de vues. Et puis surtout, il séduit une audience jeune. 80% de ses fans sur Facebook ont moins de 35 ans. Visiblement le modèle est inspirant. "La majorité des rédactions produit aujourd’hui des vidéos courtes, muettes et agrémentées de textes colorés parce que 85% des utilisateurs de Facebook ne cliquent pas sur les vidéos et les regardent sans le son", observe Nicolas Becquet, manager des médias numériques chez Mediafin, éditeur de L’Echo. Cet élan positif montre que les rédactions ont compris qu’elles devaient sortir de leur pré carré et explorer de nouveaux territoires. Un réflexe de survie qui traduit aussi l’espoir de capter une part du gâteau de l’audience ‘offerte’ par Facebook", ajoute-t-il.

"Le défi pour un service comme Vews sera de maîtriser la grammaire internet, de s’adapter au feedback des internautes – car tester et changer est dans la culture du web et de développer la viralité", observe Damien Van Achter. C’est cette dernière qui permettra de générer des revenus. Pour lui, "depuis un an et demi, tous les indicateurs sont réunis pour monétiser cette audience", dit-il. Les investissements publicitaires en télé sont en recul, les annonceurs, obsédés par le jeunisme, veulent toucher les jeunes là où il sont: sur leurs tablettes et leur smartphone, des supports idéals pour ces formats courts.

Alors que Vews vient d’être lancé en Belgique, un nouvel acteur va arriver en France: Looper, plate-forme de vidéos courtes dédiées à l’actu. Lancée par d’anciens d’Altice et de Dailymotion, elle sera distribuée sur les réseaux sociaux et financée par du contenu de marque.

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