Nouvelle épine dans le pied pour Facebook

©ANP XTRA

Le réseau social Facebook a laissé des groupes chinois accéder aux données privées d’utilisateurs.

Aïe, voilà une nouvelle qui ne risque pas d’arranger les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Le réseau social Facebook a reconnu avoir laissé des groupes chinois – dont le très peu apprécié des autorités américaines Huawei – accéder à des données privées d’utilisateurs.

Lundi, Facebook avait affirmé, après les révélations du New York Times, avoir signé des partenariats avec plusieurs fabricants de téléphones et tablettes, dont Apple, Amazon, Blackberry, Microsoft et Samsung, mais s’était gardé de citer les entreprises chinoises.

Ces groupes, les fabricants de smartphones Hawei, Lenovo, Oppo et TLC ont signé il y déjà des années des accords de collaboration avec le réseau social afin de rendre leurs appareils compatibles avec Facebook. À l’époque, les boutiques d’applications en ligne comme Google Play et l’App Store n’existaient pas. Facebook n’avait donc pas d’application standardisée et devait conclure avec chaque fabricant des accords de collaboration pour que ses services puissent être proposés aux utilisateurs des différents modèles de téléphones portables.

Le réseau social a précisé que le contrat avec Huawei serait rompu dans les prochains jours. "Huawei est le troisième fabricant d'appareils mobiles dans le monde et ses appareils sont utilisés partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis. Facebook, comme d'autres entreprises technologiques américaines, a travaillé avec lui, et d'autres fabricants chinois, pour rendre compatible (Facebook) avec leurs téléphones", a expliqué Francisco Varela, chargé des partenariats mobiles au sein de l'entreprise de Mark Zuckerberg.

"Compte tenu de l'intérêt de la part du Congrès, nous voulions clairement préciser que toutes les informations" permettant de rendre Facebook compatible avec les téléphones Huawei "étaient stockées dans l'appareil et non dans les serveurs de Huawei", a ajouté Francisco Varela.

Huawei en ligne de mire

Ces nouvelles n’ont pas vraiment plu à Mark Warner, le vice-président américain de la commission sénatoriale sur le renseignement qui juge que Huawei est une menace pour la sécurité nationale.

"Que Facebook ait laissé des fabricants d'appareils comme Huawei et TCL accéder à ses interfaces soulève des inquiétudes légitimes et j'ai hâte de savoir comment Facebook s'est assuré que les informations sur ses usagers n'étaient pas arrivées jusqu'à des serveurs chinois", a réagi ce sénateur démocrate, pour qui les "relations étroites" entre les autorités chinoises et Huawei sont connues "depuis 2021". Des affirmations rejetées par le groupe chinois.

"Que Facebook ait laissé des fabricants d'appareils comme Huawei et TCL accéder à ses interfaces soulève des inquiétudes légitimes et j'ai hâte de savoir comment Facebook s'est assuré que les informations sur ses usagers n'étaient pas arrivées jusqu'à des serveurs chinois."
Mark Warner
vice-président américain de la commission sénatoriale sur le renseignement

Pour rappel, en mai, le Pentagone a interdit à son personnel d’acheter les smartphones Huawei et ZTE en raison de risques de sécurité " inacceptables ". Pour les Américains, des entreprises comme Huawei sont susceptibles de faire de l'espionnage pour Pékin.

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