Une instruction ouverte au CSA pour l'émission 'C'est vous qui le dites'

Le CSA a indiqué avoir été saisi de 45 plaintes à la suite de l'émission de Benjamin Maréchal du 12 janvier dernier avec un débat sur le viol. ©DR

45 plaintes ont été adressées au CSA pour dénoncer le débat sur les ondes de VivaCité relatif aux propos controversés de Brigitte Lahaie sur le viol. Une polémique qui, pour rappel, avait poussé l'animateur-vedette de la radio publique, Benjamin Maréchal, à faire un pas de côté.

Début janvier 2018, l'émission quotidienne de débat "C'est vous qui le dites" défraie la chronique. Le programme présenté par Benjamin Maréchal proposait à ses auditeurs de réagir à une intervention de Brigitte Lahaie. L'ancienne star du porno avait déclaré sur BFM TV qu'on pouvait "jouir lors d'un viol". Benjamin Maréchal avait embrayé sur cette déclaration et invitait son public à réagir. "Vous lui répondez quoi?", avait-il demandé à ses auditeurs.

S'en est suivie une vague d'indignations sur les réseaux sociaux, mais également au ministère francophone des Médias et à celui des Droits des femmes. La RTBF a ensuite présenté ses excuses aux auditeurs et trois jours plus tard, Benjamin Maréchal annonçait en direct à la radio qu'il quittait la présentation de l'émission. Une rentrée agitée, donc. 

Entre-temps, 45 plaintes ont atterri sur le bureau du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Un nombre exceptionnel qui est révélateur du problème. En réponse à ses plaintes, le CSA a décidé ce vendredi d'ouvrir une instruction 'conjointe' avec le Conseil de déontologie journalistique (CDJ).  

Ce que risque la RTBF 

Les plaignant(e)s dénoncent "le choix de la question posée par l’émission et les propos tenus sur antenne", explique-t-on au CSA. "Après écoute, le secrétariat d’instruction du CSA estime que ces éléments sont susceptibles de porter atteinte au respect de la dignité humaine et de l’égalité entre les femmes et les hommes", précise encore le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Certaines plaintes mentionnent en particulier les interventions d’une journaliste invitée sur le plateau. C'est là qu'intervient le CDJ, car ces interventions "soulèvent donc potentiellement un enjeu de déontologie journalistique". L'avis du CDJ est attendu d'ici peu et bouclera la première étape de cette instruction. 

La suite de la procédure? Une fois que le CDJ aura remis son avis, le Collège d'autorisation et de contrôle du CSA se positionnera sur la question. S'il suit l'avis du secrétariat d'instruction et la CDJ, le Collège pourrait auditionner l'éditeur de l'émission, dans ce cas-ci la RTBF. La chaîne publique aurait alors l'occasion de faire valoir ses arguments avant qu'une décision finale ne soit prise, avec soit un abandon des poursuites, un avertissement ou des sanctions. 

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