Yahoo!, la fin d'un géant

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Verizon a annoncé ce lundi le rachat, pour 4,83 milliards de dollars, du coeur de métier de Yahoo!, dont Yahoo News et Yahoo Mail.

Le géant des télécommunications Verizon  a annoncé ce lundi l'acquisition des activités opérationnelles de Yahoo! L'accord met fin à des mois d'incertitude sur l'avenir de Yahoo après la décision du groupe en février d'examiner des alternatives stratégiques.

L'opération:

♦ Verizon Communications achète les activités internet de Yahoo pour 4,83 milliards de dollars.

♦ L'opérateur télécoms américain va fusionner les activités en ligne de Yahoo! avec AOL, qu'il a déjà racheté l'an dernier.

♦ Les actifs de Yahoo! se résumeront à un portefeuille de brevets et des participations dans les sociétés asiatiques Alibaba et Yahoo Japan. Bref, Yahoo! serait un holding avec des participations de 35,5% dans Yahoo Japan et de 15% dans le géant chinois du commerce électronique Alibaba Group Holding, qui représentent aujourd'hui l'essentiel de sa capitalisation de 37 milliards de dollars.

♦ Verizon confierait la direction du nouvel ensemble au patron de cet autre ex-fleuron d'internet, Tim Armstrong.

♦ La directrice générale de Yahoo!, Marissa Mayer, devrait pour sa part, une fois la transaction bouclée, quitter le groupe.

4,8 miliards $
Verizon aura les actifs internet de Yahoo! pour 4,8 milliards de dollars

Pourquoi?

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Marissa Mayer avait suscité beaucoup d'espoirs lors de son arrivée aux commandes en 2012, mais elle vient encore d'annoncer une perte nette de 440 millions de dollars au deuxième trimestre. Pourtant, elle a tenté depuis quatre ans de relancer Yahoo! avec de multiples acquisitions, une modernisation de ses produits, et plus récemment un plan de la dernière chance réduisant les effectifs de 15% et rationalisant les activités.

Le groupe était mis de plus en plus sous pression par ses actionnaires.

 

→ Un mariage intéressant?

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Même si certains analystes s'interrogent sur le réel intérêt de marier deux gloires déchues d'internet, l'idée d'un mariage entre Yahoo! et AOL a été évoquée à plusieurs reprises dans le passé. C'était entre autres une recommandation fin 2014 du fonds activiste Starboard Value, l'un des actionnaires sous la pression desquels Yahoo! a fini par envisager un démantèlement.

Verizon, qui doit publier ses propres résultats trimestriels mardi matin, n'a jamais caché non plus son intérêt, et il était donné favori depuis le départ.  

"Nous continuons de penser que Verizon est l'acheteur le plus sensé, pour combiner (les actifs de Yahoo!) avec AOL, réduire les coûts et tirer profit de ses données exclusives" (Daniel Salmon, analyste chez BMO Capital Markets).

Verizon ne peut plus compter seulement sur ses services de téléphonie mobile comme moteur de croissance, et s'est lancé dans une transformation stratégique: il cherche à se renforcer dans la vidéo et surtout la publicité en ligne, un marché largement dominé aujourd'hui par Google et Facebook.

Les dirigeants du groupe télécoms ont expliqué à plusieurs reprises que c'est pour ses technologies publicitaires qu'ils avaient racheté AOL, de même qu'une autre entreprise baptisée Millennial Media.

Or en plus des sites grand public à sa marque et du site de blogs Tumblr, dont la fréquentation totale est estimée à un milliard de visiteurs par mois l'an dernier par la société de recherche Trefis, Yahoo! est aussi propriétaire du spécialiste des outils publicitaires BrightRoll et de la société d'analytique Flurry.

Yahoo! représente "une possibilité pour gagner une plus grande échelle", avait reconnu le PDG de Verizon, Lowell McAdam, l'une des nombreuses fois où il avait été interrogé sur ses intentions.

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