Avec Messenger, Facebook veut prendre pied dans le commerce en ligne

Mark Zuckerberg ouvrait hier à San Francisco le F8, la conférence de développeurs organisée par Facebook. ©AFP

La plate-forme de messagerie s’ouvre aux applications extérieures. Un moyen de monétiser ses 600 millions d’utilisateurs.

Pour mieux rivaliser dans la messagerie mobile, Facebook en appelle à la communauté des développeurs. Mercredi, à San Francisco, le réseau social a en effet annoncé l’ouverture de son service de chat Messenger. Celui-ci est transformé en plate-forme sur laquelle vont pouvoir se greffer des applications extérieures qui ajouteront de nouvelles fonctionnalités.

"Jusqu’à présent, nous avons conçu toutes les fonctionnalités de Messenger en interne. Maintenant, nous avons besoin de vous", a lancé Mark Zuckerberg, en ouverture de F8, la conférence de développeurs organisée par Facebook. Une quarantaine d’applications sont déjà disponibles. Elles permettent d’envoyer à ses amis des GIF animés, des effets sonores ou encore des photos retouchées.

La messagerie va aussi s’ouvrir aux entreprises. Facebook veut leur permettre de communiquer directement avec leurs clients. Plus besoin d’e-mail ou de service clients téléphonique. Tout se passera désormais par une discussion sur Messenger. "Nous voulons réinventer le commerce", assène David Marcus, l’ancien président de PayPal, la filiale de paiement en ligne d’eBay, recruté l’an passé pour diriger les activités de messagerie.

Everlane et Zulily, deux distributeurs en ligne américains, seront les premiers à utiliser cette nouvelle option. Concrètement, ils pourront alerter leurs clients lors de l’envoi de leurs commandes. Ces derniers pourront modifier leurs achats ou aussi rapidement en effectuer un nouveau. "Le commerce en ligne n’est qu’un début, indique Rob Daniel, responsable produit chez Facebook. Cette fonctionnalité a vocation à s’élargir à d’autres entreprises, comme les compagnies aériennes, les banques, les restaurants…"

Intégrer les rivaux

En ouvrant Messenger aux développeurs extérieurs, l’entreprise espère mieux rivaliser sur un marché très concurrentiel. WeChat, Line, Kik, Tango ou encore Snapchat comptent des centaines de millions d’utilisateurs dans le monde.

Ces derniers mois, Facebook s’est d’abord attaché à ajouter à son service des fonctionnalités déjà présentes ailleurs. Il veut maintenant se démarquer.

Le réseau social reprend ainsi une stratégie déjà mise en place à ses débuts, quand les jeux et les applications développés en externe avaient accru son intérêt et ainsi assuré son succès. Désormais, il n’aura plus besoin d’améliorer lui-même sa messagerie, qui compte 600 millions d’utilisateurs actifs. D’autres le feront à sa place.

"Facebook veut aussi conserver les utilisateurs mobiles dans son écosystème d’applications", ajoute Brian Blau, du cabinet Gartner. La société espère limiter le risque de voir émerger un rival supplémentaire en intégrant les nouveaux services de messagerie à Messenger. Pour ces start-ups, cela représente la possibilité de gagner très rapidement des millions d’utilisateurs. Pour Facebook, l’assurance que ces nouvelles formes d’échanges s’effectueront toujours sur sa plate-forme, et non sur une application totalement indépendante.

Monétisation

L’arrivée de nouveaux services devrait ouvrir la voie à la monétisation de Messenger, qui ne génère actuellement aucun revenu. Facebook suit l’exemple de Line et WeChat qui réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires en permettant à leurs utilisateurs de réserver un taxi ou de passer commande dans un restaurant. "Il n’y aucun échange financier avec nos partenaires", assure cependant Rob Daniel.

"S’ils créent de la valeur pour ces entreprises, ils trouveront un moyen d’en capter une partie", rétorque Brian Blau. À plus long terme, Facebook pourrait également retenter de percer dans le commerce en ligne, secteur où ses premières initiatives ont échoué.

Enfin, le réseau social mettra aussi la main sur d’importantes données sur ses utilisateurs. Il sera en mesure de leur proposer des publicités encore mieux ciblées. "Il faudra trouver le bon équilibre pour ne pas les faire fuir", souligne l’analyste de Gartner.

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