Drame boursier en voie de dénouement pour MGM

Le drame boursier qui bloquait depuis des mois le tournage du prochain James Bond semblait proche du dénouement samedi, les créanciers de la mythique MGM ayant préféré alléger leur dette plutôt que de la voir tomber dans l'escarcelle du milliardaire Carl Icahn.

La mythique Metro-Goldwyn-Mayer, qui revendique le plus grand catalogue de films au monde avec 4.000 titres, dont la série des "James Bond", de la "Panthère Rose" ou des "Rocky", a vu son étoile pâlir ces dernières années.

Elle se retrouve aujourd'hui très lourdement endettée (près de 4 milliards de dollars), et ses propriétaires, un groupe d'investisseurs menés par Sony, ont annoncé sa mise en vente il y a un an.

Plusieurs candidats au rachat se sont fait connaître, dont Lionsgate, le studio américano-canadien qui a produit la série télévisée à succès "Mad Men" ou le dernier film de Sylvester Stallone.

Les noms de l'américain Liberty Media, l'américano-australien News Corp de Rupert Murdoch, ou l'indien Reliance Entertainment avaient également circulé dans la presse financière, mais aucune de ces offres ne s'est révélée suffisante pour éponger la dette de la société de production.

La direction a donc opté pour un dépôt de bilan éclair en association avec un autre studio de cinéma, Spyglass, afin de valider une négociation à la baisse de sa dette avec ses créanciers.

Après de longs atermoiements, ces derniers ont fini par approuver ce plan vendredi.

"Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) annonce aujourd'hui que les créanciers détenant des titres de dette préférentiels ont approuvé à une très large majorité le plan de réorganisation proposé", a indiqué la société dans un communiqué publié tard vendredi soir.

"MGM va maintenant mettre en oeuvre sans attendre ce plan qui réduit drastiquement sa dette et place la société dans une position solide pour appliquer sa stratégie commerciale", ajoute le communiqué, sans plus de précision.

Les studios mythiques d'Hollywood, qui ont produit des chefs d'oeuvres comme "Ben Hur" ou "Autant en emporte le vent", ont donc choisi l'option d'un accord préalable avec leurs créanciers, ce qui leur permettra de voir leur dossier présenté devant les tribunaux dans les semaines qui viennent, plutôt qu'une procédure plus classique de dépôt de bilan qui peut prendre des mois.

Si ce plan est validé par la justice, MGM émergera de la faillite avec 95% de son capital aux mains des créanciers menés par la banque JPMorgan Chase et des fonds de capital-risque. Les 5% restants reviendront à Spyglass, qui a notamment produit le dernier film de Clint Eastwood, "Invictus".

Mais ce projet bien ficelé a bien failli être contrarié par une nouvelle croisade boursière de l'investisseur agitateur américain Carl Icahn, qui s'est fait une spécialité de faire plier la direction des entreprises dont il est actionnaire pour imposer ses propres vues.

M. Icahn, l'un des créanciers de MGM, s'opposait vigoureusement au plan de reprise en main du studio par Spyglass et voulait le voir à la place fusionner avec Lionsgate, dont il est le principal actionnaire.

Pour parvenir à ses fins, M. Icahn avait lancé une offre publique (OPA) dans l'espoir de racheter toute la dette de MGM et toutes les actions de Lionsgate, dont il possède pour l'instant un tiers.

Mais Lionsgate, qui a formellement proposé à la mi-octobre de fusionner avec MGM, a traîné M. Icahn en justice l'accusant d'avoir mené un double jeu en critiquant publiquement une fusion entre Lionsgate et MGM d'un côté, tout en amassant secrètement des parts des deux studios pour tenter de mener à bien cette même fusion.

Un imbroglio digne d'un scénario de film à suspense, dont seule la résolution définitive permettra de débloquer le tournage du prochain James Bond, suspendue sine die depuis avril.

 

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