Facebook adepte de la censure?

©REUTERS

La question de la manipulation des sujets tendances par Facebook agite la sphère web aux Etats-Unis. Les conservateurs seraient les principaux visés par le tri opéré par le géant du net. Faux, répond le numéro un mondial du réseau social.

"Vous ne lirez pas ça sur Facebook. Le site censure les informations", voici comment le New York Post ouvre son édition de ce mardi. Le journal à la ligne éditoriale conservatrice s'insurge sur la manière dont Facebook sélectionne les sujets présentés comme des tendances sur son site.

Tout a commencé par les révélations du site spécialisé dans les nouvelles technologies, Gizmodo. Selon lui, le plus populaire des réseaux sociaux écarte volontairement plusieurs thématiques liées aux conservateurs américains. Facebook nie en bloc et ne jure que par les intouchables algorithmes qui relaient les choix des internautes. Mais trop tard, ces révélations ont déclenché une vive polémique outre-Atlantique, une polémique qui pose la question de l'influence d'une plateforme consultée quotidiennement par 1,09 milliard d'internautes.

Facebook aime la neutralité

La rubrique "Trending", qui n'existe pas dans la version française de Facebook, est une petite pastille qui se trouve en haut à droite de la page et mentionne les sujets dont on parle le plus sur le réseau social.

D'après les témoignages d'anciens prestataires, le groupe de Mark Zuckerberg fonctionne en réalité comme une rédaction qui opère des choix éditoriaux marqués.

Des personnalités conservatrices, telles que les républicains Mitt Romney (candidat en 2012), Ted Cruz et Scott Walker (candidats à l'investiture républicaine en 2016), ou l'éditorialiste radio Glenn Beck, lui aussi conservateur, ont été volontairement écartés de la liste alors que leur nom faisait surface sur Facebook, toujours selon ces témoignages.

Les jeunes journalistes présents s'attachaient également à ne pas utiliser de sites réputés conservateurs comme source et n'intégraient un sujet aux tendances que s'il avait été traité par des médias considérés comme plus neutres, comme le New York Times, la BBC ou la chaîne d'information CNN.

Des allégations "infondées"

Ce traitement éditorialisé n'était pas le résultat d'instructions données par l'encadrement, assurent tous les témoins cités. En revanche, des consignes ont bel et bien été données, selon les prestataires interrogés par Gizmodo, pour que des sujets qui ne suscitaient pas d'activité suffisante soient pourtant intégrés aux tendances. Il s'agissait principalement de nouvelles traitées par les médias de référence, concernant notamment la Syrie ou le mouvement protestataire américain Black Lives Matter. Gizmodo cite également l'exemple de l'attaque de janvier 2015 contre Charlie Hebdo.

Les anciens prestataires indiquent que l'évolution de l'algorithme a eu pour effet de réduire sensiblement les interventions forcées durant leur passage au sein de Facebook de mi-2014 à fin 2015.

Dans un message posté sur Facebook, le responsable des "trending topics", les tendances d'actualité, Tom Stocky, a assuré que son équipe était soumise à des "règles rigoureuses (...) pour assurer la cohérence et la neutralité" de la rubrique. "Nous nous sommes penchés sur le sujet et avons conclu que ces allégations étaient infondées", a encore indiqué un porte-parole de Facebook.

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