Huit Belges sur dix préfèrent le support papier

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La lecture sur papier a encore de beaux jours devant elle. Mais le web n’arrête pas pour autant sa percée, surtout chez les moins de 35 ans, pour les illustrations et les informations brèves.

Internet supplantera-t-il un jour l’imprimerie? Si d’aucuns prédisent le grand basculement, sans être capable d’en prévoir le moment exact, la tendance actuelle est à la coexistence des deux supports. Avec un net avantage pour le papier.

Malgré la part de plus en plus grande occupée par le numérique dans la vie quotidienne, huit Belges sur dix préfèrent toujours la lecture sur papier, qu’il s’agisse d’un livre, d’un journal ou d’un magazine. Mais cette part varie selon le lieu, le type d’information et l’âge du lecteur. C’est ce qui ressort d’une étude du bureau spécialisé i-vox, réalisée en mars 2013 auprès de 1.000 internautes, et présentée vendredi lors du lancement de la campagne "Ode au papier", en marge de la Journée mondiale du livre ce 23 avril.

Cette étude a été commanditée par le Paper Chain Forum, une association qui regroupe plus de 5.000 entreprises de la filière papier, du propriétaire de forêts aux éditeurs de la presse écrite.

Le livre papier toujours roi

Toutes générations confondues, 93% des personnes interrogées préfèrent lire un livre imprimé sur papier plutôt que sur un écran. Mais le numérique n’est pas insignifiant, puisque trois Belges sur dix envisagent d’opter pour des solutions numériques, comme une tablette ou une liseuse.

Lorsqu’il s’agit de presse écrite, la préférence pour le papier reste majoritaire, mais avec des nuances importantes. Le Belge accorde toujours sa préférence au papier comme support de publication des journaux (62%) et des magazines périodiques (83%), mais la part du web est plus importante que dans le cas du livre. Une réalité, à laquelle correspond le recul des ventes de journaux papiers enregistré en 2012 (-5,5%).

S’agit-il pour autant d’une "guerre" entre les papiers et le numérique? Deux tiers des sondés estiment en fait que médias imprimés et numériques sont tout à fait complémentaires. La moitié compte d’ailleurs lire autant l’un que l’autre à l’avenir, selon le moment de la journée. "À domicile, 84% des personnes interrogées préfèrent le papier", explique Sébastien Houzé, directeur du Paper Chain Forum, "En déplacement, elles sont 36% à opter pour un média numérique et, au bureau, 60% préfèrent lire des articles sur l’ordinateur."

Les "breaking news", en priorité sur le web

Outre la situation dans laquelle se trouve le lecteur, le type d’information est un critère dominant. Le papier reste le support de prédilection pour les articles longs (83%), exigeant de la concentration. Mais, lorsque l’information contient de nombreuses illustrations, l’étude i-vox montre un glissement vers les médias numériques (49%).

Lorsque les informations sont très volatiles, et requièrent peu de concentration, les gens optent majoritairement pour les tablettes, ordinateurs et smartphone. C’est le cas des breaking news (75%), des brèves.

Une opinion que partage Luc Pire, fondateur de la maison d’édition éponyme. "Je suis de la génération papier. J’ai tout appris en fonction du papier, c’est ma madeleine de Proust. Mais bien évidemment, j’utilise aussi le numérique", explique-t-il. "Lorsque je lis sur tablette, je m’informe. Lorsque je lis sur papier, je me détends."

Un "Y" sur deux lit son journal sur le net

L’âge, sans surprise, est un élément déterminant. Près de la moitié des jeunes de la génération Y, c’est-à-dire les moins de 35 ans, préfère les journaux numériques (47%). Mais dans la tranche d’âge située entre 35 et 55 ans, la part des adeptes de l’électronique retombe à 35%.

Les plus de 55 ans, la génération issue du baby-boom, restent très fidèles au papier, qu’il s’agisse du journal (68%) ou des magazines (87%), tandis que le numérique ne perce guère (32%).

Un des résultats de l’étude fait bondir le secteur du papier. Pas moins de 53% des sondés estime que la production de journaux, magazines et livres provoque la déforestation. "Les gens aiment bien le papier, mais ils veulent en utiliser de moins en moins parce qu’ils ressentent de la culpabilité par rapport aux arbres abattus", indique Sébastien Houzé. "Le mythe sur la déforestation provoquée pour les besoins en fibres de bois destinée à l’industrie du papier est tenace, mais injuste. En Europe, la superficie boisée a augmenté de 30% depuis 1950. L’industrie papier récupère et recycle 70% du papier produit. Et en Belgique, tout le papier provient du recyclage ou de forêts éco-certifiées."

Les producteurs belges de papier affirment qu’ils ont réalisé d’importants efforts dans le recyclage: chaque année, ils recyclent 1,2 million de tonnes de vieux papiers. C’est 5 fois plus qu’il y a vingt ans. Dans cette discipline, les papetiers ne sont pas avares d’arguments face à la concurrence. "La quantité de produits électroniques jetés dans le monde a atteint récemment un record absolu en passant de 20 à 50 millions de tonnes de déchets par an" et "les e-déchets augmentent chaque année de 3 à 5% en Europe, soit trois fois plus vite que le flux global de déchets", lit-on dans la brochure publiée à l’occasion de la campagne "Ode au papier".

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