Le CSA tacle à nouveau RTL qui botte en touche

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Le CSA ne lâche pas l’os. Il a notifié de nouveaux griefs à RTL. En pure perte sans doute.

"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage", disait le poète Nicolas Boileau. Un vers que le CSA a parfaitement assimilé. Le gendarme de l’audiovisuel a à nouveau lancé deux nouvelles instructions contre RTL Belgium. Qui l’a à nouveau envoyé promener. Depuis 2006 et l'abandon de sa licence belge pour ne garder que la luxembourgeoise, RTL Belgium considère en effet ne dépendre que du régulateur luxembourgeois, l’ALIA.

En 2009, un accord politique avait même été scellé en ce sens entre la Communauté française et le Luxembourg au terme duquel RTL s'était engagé à respecter certaines contraintes en matière d'aide à la production et de publicité, le CSA acceptant de transmettre les plaintes le concernant à l'ALIA. Mais l’été dernier, le CSA annonçait qu'il allait à nouveau contrôler RTL Belgium lui-même et de ne plus renvoyer les plaintes qui lui sont adressées à l'ALIA. "Quatre monitorings ont relevé des indices d'infractions potentielles importants et récurrents chez RTL Belgium, qui auraient justifié l'ouverture d'instructions", plaidait-il à l'époque.

Après un premier coup de semonce l’automne dernier avec l’émission "Mariés au premier regard", le CSA vise cette fois l’émission touristique "La grande balade" diffusée le 28 octobre 2017 et la forte mise en avant de la bière Ciney que le CSA assimile à du placement de produits.

Le Collège d’autorisation et de contrôle du CSA estime que la manière dont la bière Ciney apparaissait dans le programme répondait à des indices de "mise en avant injustifiée", tels que définis dans une de ses recommandations.

"La fréquence de visualisation de la bière, les propos louangeurs qui l’accompagnent n’ont pas été jugés nécessaires au regard des besoins éditoriaux de l’émission, notamment parce que la bière Ciney n’est pas une bière locale, mais qu’elle appartient à un groupe international qui la produit en-dehors de la région" note le CSA. Certes, le logo "PP" (pour placement de produits) apparaît au début de l’émission, mais c’est insuffisant selon le CSA: il aurait dû apparaître "au début et à la fin de la diffusion du programme, ainsi que lorsqu’il reprend après une interruption publicitaire, afin d’éviter toute confusion de la part du téléspectateur".

La deuxième instruction a trait au programme "Chasseurs d’apparts – le choc des champions" diffusé le 14 octobre 2017, en possible infraction au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes, un principe récemment inséré dans la législation audiovisuelle qui vise aussi bien les publicités que les programmes.

A ce jour seule une pub de Lidl a été épinglée. Il s’agit donc d’un premier cas pour un programme. Le secrétariat d’instruction du CSA y relève des propos et attitudes de l’animateur (notamment, il se montre nu sous un tablier, devant les participantes uniquement), des remarques des concurrents masculins, des commentaires de la voix off, etc. orientés vers le seul physique des femmes et dans un rapport de séduction. Le secrétariat d’instruction du CSA estime que ces différents éléments véhiculent des stéréotypes sexistes de manière grave et objectivent les femmes en les réduisant à leur dimension sexuelle. Il appuie ses griefs sur un avis de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes qui estime en effet que " le programme dénoncé ne respecte pas le principe d’égalité et n’est pas conforme au principe d’égalité consacré par le décret SMA

Contactée, RTL Belgium s’en tient à sa réponse habituelle: "Nous n’avons pas à réagir à une autorité dont ne dépendons pas. Notre seul régulateur est luxembourgeois". La suite au prochain numéro?

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