Le rédacteur en chef de Trends Tendances épinglé pour ses activités pour Degroof Petercam

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Amid Faljaoui prête ses services à la banque privée pour des opérations de com’. L’Association des Journalistes professionnels dénonce ce mélange des genres. L’intéressé se défend.

Amid Faljaoui, directeur des magazines de Roularta et rédacteur en chef de Trends Tendances, est mis sur la sellette par ses pairs. Dans son édition de mardi, Le Soir relate ses liens avec Degroof Petercam en relevant qu’il intervient comme conseiller pour la banque privée, animant des conférences, intervenant dans des vidéos liées à l’actualité économique et financière, etc.

Au Soir, Amid Faljaoui affirme qu’il n’écrit pas sur les sujets bancaires dans Trends Tendances et qu’il n’a jamais donné l’ordre à ses journalistes d’écrire sur un sujet particulier. Ni de choisir de mettre en couverture du numéro du 14 novembre dernier du magazine Bruno Colmant, patron de Degroof Petercam. Ce dernier avait d’ailleurs donné de nombreuses interviews le même jour à d’autres journaux, dont L’Echo.

Cette double casquette a cependant fait réagir l’AJP, l’Association des Journalistes professionnels. Dans un communiqué, celle-ci estime que les "ménages" d’Amid Faljaoui sont "contraires aux règles de la profession". Et de rappeler que les journalistes doivent veiller à leur indépendance, éviter les conflits d’intérêts et ne pas collaborer à des démarches publicitaires, ajoutant qu’un responsable de rédaction devrait être le premier garant de ces règles quand bien même il ne serait pas journaliste professionnel. Ce qui est le cas d’Amid Faljaoui qui n’a pas sollicité ce titre et n’est donc pas membre de l’AJP. L’association annonce qu’elle va saisir le Conseil de déontologie journalistique et écrire à la direction de Roularta "pour qu’elle mette fin à ces comportements nuisibles pour la profession."

Contacté, Xavier Bouckaert, CEO de Roularta (actionnaire à 50% de Mediafin, éditeur de L’Echo) estime qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts. "Amid Faljaoui travaille depuis plus de 20 ans pour Roularta, avec le statut d’indépendant et il a toujours respecté l’indépendance de la presse, nous a-t-il indiqué; je me souviens de cette interview donnée par Bruno Colmant à Trends Tendances: les questions n’étaient pas sympathiques." Et d’ajouter: "En Flandre, beaucoup de journalistes animent des débats et sont rémunérés pour ce travail, cela ne pose pas question." En interne, certains soulignent que la situation d’Amid Faljoui était bien connue. Rappelons ainsi qu’il est également administrateur-délégué du Cercle de Wallonie, administrateur de l’UCM et membre de l’Institut des experts comptables.

De son côté, Amid Faljaoui ne voit lui non plus pas de conflit d’intérêts dans ses fonctions. Il rappelle qu’il n’est pas salarié du groupe Roularta et que ses activités sont publiques puisque les vidéos réalisées pour le compte de Degroof Petercam sont disponibles en ligne. Il fit naguère de même pour d’autres institutions. "Quand j’interviens dans des vidéos, je ne recommande jamais à l’achat ou à la vente une action ou une autre, j’évoque l’actualité des marchés que ce soit, par exemple, le business model de Netflix ou l’impact du coronavirus sur les marchés", se défend-il. Il répète par ailleurs que ses journalistes font preuve d’une totale indépendance. "Je ne suis pas assez stupide que pour faire pression sur mes équipes", dit-il.

Pour sa part, Bruno Colmant a déclaré au Soir assumer totalement la situation rappelant, lui aussi, qu’Amid Faljaoui ne cachait en rien ses activités.

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