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Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

Silence sur le plateau du Heysel / Comment ne pas attirer du monde / La méthode Coué de Luc Bertrand/KBC devrait réviser sa géographie politique / Calme plat sur l'avenue du Port/Le monologue du président /

Le PS bruxellois aime les réponses. Pas trop les questions. À l’origine de la convocation, il y avait une bonne nouvelle. Bruxelles tient enfin le candidat qui doit remettre un peu d’ordre et de cohérence sur le plateau du Heysel et plein de magasins, aussi. C’était vendredi passé et le PS bruxellois (le bourgmestre de la Ville Yvan Mayeur et le ministre-président Rudi Vervoort) avait le sourire. Irrité, le sourire, visiblement. Après le temps des discours, place au petit jeu des questions. Logique. Un représentant du club sportif l’Excelsior, inquiet de voir les infrastructures de "son" club rayées de cette portion du Heysel, interpelle le politique. Pas au goût d’Yvan Mayeur qui le tance vertement. Si l’Excelsior a quelque chose à dire, qu’il organise sa propre conférence de presse, au lieu de squatter celles des autres. Non mais. Notre avis: entre la question impromptue de l’un et l’expression hautaine et cassante de l’autre, le plus inopportun n’était pas celui qui était pointé du doigt. Soit. Puisqu’Yvan Mayeur le dit, cet événement est réservé à la presse. Place à la presse, donc. Justement: le partenaire privé, le géant commercial Unibail-Rodamco, pourrait-il se montrer intéressé par le terrain du stade Roi Baudouin, une fois que celui-ci aura fiché le camp? Voilà Rudi Vervoort qui s’empare brutalement du micro. L’avenir du stade est entre les mains des autorités publiques, qui décideront en temps voulu. Circulez, il n’y a rien à voir. Sauf que la question était pertinente: si le public décide, le privé se montrera-t-il intéressé? Une autre question alors? Eh bien non. L’heure est venue de dévoiler la maquette, de sourire sur les photos et de prendre "le verre de l’amitié", décide Yvan Mayeur. Nous, on dit: si les questions des journalistes vous agacent, ne les invitez pas, ce sera plus simple.

Drôle de chassé-croisé à la Bourse. La semaine dernière, Euronext Bruxelles avait organisé son grand débat sur la Bourse, le Brussels Exchange Forum, au Square, le centre de conférence situé au Mont des Arts. Seules 150 à 200 personnes étaient présentes sur les 500-600 attendues, à cause d’invitations envoyées trop tard. Et quelques intervenants de marque ont manqué à l’appel, comme le ministre Open VLD Alexander De Croo, et le sénateur PS Ahmed Laaouej. Changement de décor, mardi soir, lorsque TreeTop Asset Management a organisé une conférence sur la Bourse, sur le parquet de la Bourse de Bruxelles, avec comme orateur l’ancien président de la Bourse de Bruxelles, Bruno Colmant. Quelque 850 personnes se sont déplacées pour l’occasion. Signalons qu’au Square, Bruno Colmant était aux abonnés absents. Et pour cause, car les organisateurs du Forum avaient oublié de l’inviter. À croire que parler de la Bourse hors du Palais de la Bourse ne porte pas chance. Et qu’un ancien président de Bourse a plus de succès que l’actuel.

La taxation du capital fait peur aux financiers. Lors du Brussels Exchange Forum précité, une table ronde a réuni les représentants des différents partis politiques sur la question du financement de l’économie réelle et en particulier des PME. On y retrouvait Céline Frémault (cdH), Ben Weyts (N-VA) ou encore Philippe Lamberts (Ecolo). Faisant la synthèse des débats de la journée, le baron Luc Bertrand, le patron d’Ackermans & van Haaren, s’est réjoui qu’aucun politique ne réclamait un impôt sur la fortune ou une taxation accrue du capital. C’est un peu oublier que le sp.a avait décliné l’invitation de la Bourse et que le siège d’Ahmed Laaouej (PS) est resté désespérément vide tout au long du débat, au grand dam des organisateurs. Peut-être les socialistes préparaient-ils déjà leur 1er mai, devant un public davantage conquis à leurs idées…

KBC exclut les entrepreneurs wallons de sa cible. KBC vient de lancer une campagne publicitaire intitulée "Toujours faire mieux". Dans ce cadre, la banque permet aux indépendants et chefs d’entreprises de soumettre des questions au public pour tester des idées destinées à améliorer la performance de leur entreprise. Seulement, KBC a décidé de limiter la cible de sa campagne aux entrepreneurs issus de Flandre, de Bruxelles et même des cantons de l’est, mais pas du reste de la Wallonie… Le petit clip de sa campagne, visible sur YouTube (taper "KBC, toujours faire mieux"), exclut clairement la Wallonie, hors partie germanophone. Le groupe bancaire considère peut-être que les entrepreneurs wallons non germanophones ne souhaitent pas développer leur business davantage. Ou alors, serait-ce une question… linguistique? La publicité de la banque se termine tout de même par le slogan surréaliste: "KBC, nous parlons la même langue"! On en conclura donc que, d’une part, KBC ne parle que néerlandais et allemand et, d’autre part, que la banque considère que les Bruxellois ne parlent que néerlandais. L’histoire ne dit pas ce qu’en pense CBC, la filiale francophone du groupe…

Des actionnaires bien silencieux. Le train-train semble avoir repris le dessus aux assemblées générales de KBC. Face à un agenda pour le moins light, le nombre de questions l’était aussi. "Pour la première fois depuis des années, nous n’avons pas reçu de questions écrites", indiquait la porte-parole. Les questions orales ne furent pas plus nombreuses. On pouvait certes compter sur l’activiste à la casquette verte, Erik Geenen, pour monopoliser le micro tantôt avec des questions pertinentes, tantôt avec des questions, qui comme à l’accoutumée, sont liées à son cheval de bataille: la BNB. Ce calme relatif permettait par ailleurs à la salle de contempler les avancées technologiques du groupe qui, désormais, met à disposition de ses actionnaires des boîtiers polyvalents servant au vote mais aussi de micro!

Des actionnaires bien silencieux (bis). Être ou ne pas être… une question? Kees Storm, le président du conseil d’administration du brasseur AB InBev, aurait bien voulu ouvrir un dialogue avec les actionnaires du groupe mercredi dernier lors de son assemblée générale. Las pour lui, il en a été réduit à pratiquer l’art du monologue… "C’est le moment des questions", avait-il lancé, plein d’espoir, à la salle après la lecture de l’ordre du jour. "Il doit y avoir au moins une question! S’il vous plaît!" (Silence) "Je vous en prie!" (Re-silence). "Attention, il n’y aura pas d’autre opportunité pour poser des questions pendant cette assemblée…" (Re-re-silence). Puis, de guerre lasse, il s’est résolu à conclure: "Bon, merci, ce sera un surprenant procès-verbal." Les actionnaires du premier brasseur mondial se sont donc tus dans toutes les (nombreuses) langues pratiquées par ses administrateurs et dirigeants. Enfin, pas tout à fait… Car plus tard, au beau milieu du vote des nominations au conseil d’administration, une actionnaire s’est permis d’interrompre le processus pour demander pourquoi certains administrateurs étaient renommés pour un an alors que d’autres l’étaient pour quatre. Si elle avait lu la convocation de A à Z, elle aurait su que c’était en raison de l’atteinte de la limite d’âge. Nullement découragée, la même personne a soudain voulu savoir combien d’administrateurs étaient présents dans la salle. Kees Storm lui a gentiment répondu en citant les administrateurs présents. Incidemment, on a ainsi appris qu’il n’y en avait que quatre, ce qui est peu. N’empêche, cette actionnaire a pratiqué avec un bel aplomb l’art du contretemps, avant de permettre au président de séance de reprendre le comptage des votes. "Il y avait quand même des questions, en fin de compte!", a conclu Kees Storm, vraisemblablement plus soulagé que dérangé par l’impétrante. On gage toutefois qu’il aurait préféré des questions plus pertinentes. Comme il fait lui-même partie des administrateurs prolongés pour un an, il lui reste douze mois, et une assemblée générale, pour faire mieux. Petits (et grands) porteurs d’AB InBev, on compte sur vous pour l’an prochain…

Trop modeste. Une coquille s’est glissée dans les Coulisses de la semaine dernière à propos de l’assemblée générale de GBL. Nous évoquions l’avis (très positif) d’un analyste sur le nouveau site internet du holding. Mais nous avons par mégarde attribué ces propos à Gérald Frère, président du conseil d’administration. Ce qui a dû heurter la légendaire modestie du fils d’Albert. Qu’il veuille bien nous en excuser, de même que l’analyste en question: il s’agissait de Hans D’Haese, de la Banque Degroof.

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