Les libraires perdent une manche contre AMP

©pN

Dans un jugement en référé, le groupe AMP (Agences et Messageries de la Presse) a obtenu le maintien de son système de contrôle d'invendus que contestaient des associations de libraires.

Le Président du tribunal de première instance de Bruxelles, statuant en référé, a jugé que la demande introduite par des libraires afin de retourner vers l’ancien système de gestion manuelle des magazines invendus par les AMP (Agences et Messageries de la Presse) n’était pas fondée.

Pour rappel, neuf libraires et deux associations professionnelles, la francophone Prodipresse, représentant 25% des libraires francophones, et la flamande Vlaamse Federatie van Persverkopers, contestaient la mise en place du système "Axon" de contrôle automatique des invendus mis en place à la fin 2009. Selon eux, ce système ne fonctionne pas correctement car ce qu’ils disent avoir placé dans les bacs destinés aux AMP correspond rarement à ce que les AMP disent avoir reçu. Les libraires sont alors suspectés de fraude.

Dans sa décision le juge constate que l’on ne peut pas faire grief à AMP d’avoir cherché à mettre en place un système de contrôle plus performant, impliquant un contrôle systématique de 100% des magazines invendus. Le juge ajoute que les plaignants n’ont pas démontré la réalité du préjudice financier qu’ils soutiennent subir suite à l’introduction du nouveau système ". Dès lors, AMP poursuivra la gestion automatisée des magazines invendus.

Selon AMP, la majorité des libraires reconnait l’efficacité du processus innovateur qui permet une réduction et une simplification de leur charge de travail, tant pour la préparation des colis qu’au plan administratif.

Contacté, un porte-parole des libraires dit regretter cette décision: "Nous subissons toujours d'importants préjudices financiers. Personnellement j'ai déjà réalisé 250 clips vidéo de la confection de mes invendus pour prouver ma bonne foi. En vain." Quand à l'introduction de l'affaire sur le fonds, mais les plaidoiries ne sont pas attendues avant mars 2011.

Rappelons que début mars, les associations de libraires avaient également introduit une plainte contre AMP pour abus de position dominante devant l'auditorat du Conseil de la Concurrence. AMP contrôle environ 90% de la distribution des journaux et magazines dans 5.800 points de vente en Belgique.

 

 

 

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés