Movietown ouvre un studio et une académie pour influenceurs

Movietown compte une soixantaine d'influenceurs dans son équipe, dont Gaëlle VP (plus de 150.000 followers sur instagram). ©doc

Le marketing d’influence devrait peser 10 milliards de dollars l’an prochain. L’agence spécialisée Movietown ouvre des studios et une académie de formation. Objectif: professionnaliser la technique née sur les réseaux sociaux.

Le marketing d’influence est une tendance lourde dans le secteur de la com’. La technique, qui consiste pour les marques à rémunérer des youtubeurs et instagrameurs affichant des centaines de milliers de followers pour qu’ils vantent plus ou moins subtilement leurs produits, a le vent en poupe. Des études montrent que d’ici 2020, les marques dépenseront 10 milliards de dollars dans le marketing d’influence. 17 fois plus qu’en 2017!

"Les annonceurs veulent des idées nouvelles et disruptives."
Ralph Vankrinkelveldt
cofondateur de movietown

"On a plus que doublé notre chiffre d’affaires en 2018 et on devrait encore le faire cette année", assurent Ralph Vankrinkelveldt et Michel Meulenijzer qui, avec Nathalie Beernaert, ont créé Movietown, une des rares agences spécialisées dans le créneau avec 60 influenceurs. Alors que certains doutent de la technique (triche sur le nombre de followers, caractère publicitaire des posts peu clair alors que l’Union des annonceurs recommande une identification précise), le trio surfe au contraire sur la vague. Il vient de quitter ses bureaux exigus du bas de Forest pour emménager dans un bâtiment de 600 m² fraîchement rénovés à Ixelles.

Objectif: booster cette technique née avec le boom des réseaux sociaux. L’agence propose ainsi des studios permettant aux influenceurs de produire leur contenu dans un environnement plus professionnel que dans leur salon (caméras, décors, montage…) "Nous les aménageons en fonction des thématiques de nos clients, explique Michel Meulenijzer; on pourrait ainsi recréer une chambre d’enfant avec des décors Disney pour la sortie de Toy Story 4, des influenceurs y tourneront des séquences liées au film, qu’ils partageront auprès de leurs communautés, tout est possible."

L'influenceuse Gaëlle VP animera le projet #Instacar. ©doc

L’agence entend aussi créer une académie pour coacher et former les apprentis influenceurs et les micro-influenceurs, ceux dont la communauté ne dépasse pas les 10.000 followers. "L’impact des gros influenceurs, qui drainent des centaines de milliers de followers, a tendance à plafonner, les marques se tournant davantage vers des microinfluenceurs, plus proches de leur communauté", observe Michel Meulenijzer. "Le but est donc de les encadrer afin qu’ils évitent les pièges, respectent la marque qu’ils promotionnent et leur communauté. Pour cela, nous allons faire appel à des influenceurs plus expérimentés, qui vont en quelque sorte les parrainer."

Stimuler la créativité

"L’objectif de ces studios est de stimuler la créativité, car ce que les annonceurs veulent, ce sont des idées nouvelles disruptives dans lesquelles les marques peuvent s’insérer sans que cela n’ait pas un caractère publicitaire trop marqué, souligne Ralph Vankrinkelveldt. Ce jeudi par exemple, l’agence lance #instacar, une adaptation à sa sauce de l’émission de la RTBF Hep-Taxi (une personnalité interviewée lors d’un trajet en taxi). Actuellement en tournée en Belgique, c’est Patrick Bruel qui essuie les plâtres. Il sera mis sur le gril de manière décalée par deux instagrameuses, Gaëlle VP et Aurélie Van Daelen (un million de followers sur Instagram et Facebook à elles deux). Le tout constituera une séquence de 15 minutes qui sera diffusée sur leurs réseaux et ceux du chanteur, le tout financé par deux marques: Audi (qui fournit le véhicule) et Red Bull (qui désaltérera les protagonistes).

Dans les cartons aussi, des capsules pour Proximus afin de promotionner des séries Netflix, une émission sur le coaching personnel pour RTL visant à casser les codes de la télé pour capter les millennials en y insérant une bonne part de réseaux sociaux; un talk-show en Facebook Live et, plus improbable, des réunions de rédaction parodiques, avec la complicité de médias populaires, diffusées sur les réseaux, etc. Le tout, bien sûr, en partenariat avec des marques. En fait, estime le trio, de la mode aux séries en passant par le voyage, l’e-sport, la cosmétique ou la santé, le territoire d’action des influenceurs paraît sans limite.

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