Murdoch veut grimper à 100% dans BskyB, l'action s'envole

Tony Ball, chief executive de BSkyB

BSkyB a rejeté l'offre d'achat de News Corp, son principal actionnaire, mais s'est dit prêt à recommander une proposition plus généreuse. La spéculation s'empare du cours.

BSkyB, filiale de télévision britannique de News Corporation, l'empire du magnat des médias Rupert Murdoch, s'est engagée dans un bras de fer spectaculaire avec sa maison-mère, en lui réclamant le prix fort, plus de 13 milliards de dollars, pour qu'elle devienne son seul maître.
News Corp a offert mardi de racheter les 60,9% de BSkyB (acronyme de British Sky Broadcasting) qu'il ne détient pas encore, au prix de 700 pence l'action, payable en numéraire, après lui avoir présenté sans succès une première offre à 675 pence.

Ces 700 pence par action représentent un total de 7,8 milliards de livres, soit 11,5 milliards de dollars, ou 9,4 milliards d'euros, et valorisent la totalité du capital de BSkyB à 12,8 milliards de livres.

Ce prix a cependant été jugé nettement insuffisant par "Sky", principal opérateur de télévision par satellite au Royaume-Uni.
Ses administrateurs indépendants ont réclamé au moins 800 pence par action à News Corp, soit un chèque d'un montant minimum de 8,9 milliards de livres (13,1 milliards de dollars ou 10,7 milliards d'euros), pour accepter sa proposition de rachat.

En attendant, peut-être, de s'entendre sur le prix, les deux groupes ont décidé de coopérer, dans l'intérêt de leurs actionnaires respectifs. BSkyB a accepté que News Corp lance les démarches en vue d'obtenir le feu vert des autorités de la concurrence à son rachat. Et, au cas où News Corp renoncerait à racheter sa filiale d'ici décembre 2011, il s'est engagé à lui payer 38,5 millions de livres en guise de dédommagement.
A noter que le président de BSkyB, James Murdoch, le fils cadet de Rupert qui dirige les activités européennes et asiatiques de News Corp, n'a pas pris part à la décision de la filiale, pour éviter tout conflit d'intérêt.

Dans la foulée, le cours de BSkyB s'est envolé à la Bourse de Londres. Il grimpait à 11H00 GMT de 19,07% à 715 pence, dans un marché en hausse de 0,45%.

Même si les chances de succès de News Corp sont incertaines, ce bond "veut dire que le marché croit qu'un rachat est probable", ont estimé les analystes de Goldman Sachs.
Prendre le contrôle complet de BSkyB serait une opération juteuse pour le groupe de Rupert Murdoch. La filiale lancée en 1989, qui opère au Royaume-Uni et en Irlande, rencontre de plus en plus de succès, portée par ses offres de plus en plus sophistiquées, des abonnements "triple play" (télévision, internet et téléphone) à la télévision 3D, et ses contenus exclusifs (films, matchs de foot...).

Elle compte près de 10 millions de clients, et a dégagé l'an dernier un chiffre d'affaires de 5,3 milliards de livres.

De plus, son modèle de télévision par abonnement en fait un véritable tiroir-caisse, dégageant des revenus importants et réguliers.
Le rachat de Sky est aussi une illustration supplémentaire de la volonté de Rupert Murdoch de se renforcer dans les contenus payants.
News Corp a fait sensation cette année, en décidant de rendre payant le site internet de son quotidien emblématique, le Times, à partir de ce mois-ci, rompant ainsi avec une tradition de l'information en ligne gratuite qu'il juge néfaste et suicidaire à terme pour les médias. Un pari jugé toutefois très risqué.

Enfin, la volonté d'acquérir BSkyB est aussi une nouvelle preuve de l'appétit immodéré de News Corp, dans un secteur des médias en plein chamboulement. Le montant offert pour Sky est plus du double de celui qu'il avait consenti il y a trois ans pour mettre la main sur l'éditeur américain Dow Jones, propriétaire du Wall Street Journal.

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