Radionomy devient AudioValley et est prêt à rouvrir son capital

©Frédéric Pauwels / HUMA

Discrètement sortie du giron de Vivendi, Radionomy, rebaptisée AudioValley, cherche des partenaires pour assurer son avenir.

On avait laissé Radionomy, active dans la création de web radios, il y a un peu plus de deux ans lorsqu’elle avait fait entrer dans son capital Vivendi (Canal +, Universal Music, Ubisoft, Dailymotion…). Le géant français avait pris 64,5% des parts contre un chèque de 24 millions d’euros. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. En août dernier, le cofondateur, Alexandre Saboundjian, a racheté les parts de Vivendi pour un montant gardé secret. La mayonnaise n’a jamais pris: manque de souplesse, cultures différentes, visions divergentes de la stratégie…

Les chiffres clés

20 millions € de chiffre d’affaires: 59% sont réalisés en Europe et 41% aux Etats-Unis.

3 activités: Radionomy (web radios: 54% des revenus), Storever (univers sonore dans les points de vente: 33%) et Jamendo (gestion de droits d’artistes: 13%).

135 collaborateurs dans sept pays: Belgique, France, Allemagne, Espagne Luxembourg, USA, Chine (developpers, commerciaux, marketing, etc.)

60.000 web radios utilisent dans le monde le logiciel de streaming Shoutcast de Radionomy.

Créée en 2004, l’entreprise a été réorganisée ces derniers mois. La société faîtière, Musicmatic, vient d’être rebaptisée AudioValley, détenue à 100% par Alexandre Saboundjian. "C’est une question de cohérence, explique-t-il. Notre activité, c’est le monde de l’audio digital dans les B2B. On ne s’adresse pas, comme Spotify ou Deezer, au consommateur."

AudioValley est aujourd’hui organisée en trois pôles. Radionomy reste son activité phare. Elle pèse plus de la moitié (54%) de son chiffre d’affaires (20 millions d’euros selon son patron). Dirigée par Erik Portier (ex-CEO de Google Belgique), elle recouvre en réalité trois activités. D’abord, la création de radios digitales par des particuliers, des associations, des petites communautés. Dix mille sont actives aujourd’hui. Ensuite, Shoutcast, un logiciel de streaming utilisé par 60.000 web radios dans le monde, dont plus de 200 en Belgique. Enfin, Targetspot, régie pub qui vend l’audience de toutes ces radios aux annonceurs. Active aux USA et en France, elle s’ouvre aujourd’hui à l’Europe. "Grâce notamment aux adresses IP, Targetspot permet de mieux cibler et d’adresser un message plus personnalisé, et donc plus efficace, aux auditeurs", indique Alexandre Saboundjian.

Deuxième étage de la fusée (33% des revenus), Storever est dédiée à l’univers sonore dans les points de vente: animation musicale, spots promotionnels… Elle compte parmi ses références Delhaize, Cartier, Renault, C&A ou Camaïeu, soit 170 enseignes (plus de 13.000 magasins) dans 90 pays: cela va de la conception des programmes musicaux à la mise en place des équipements et interfaces de pilotage. "Nous devons nous adapter aux besoins de l’enseigne: la musique n’est pas la même chez Camaïeu que chez Cartier, ni la même le lundi matin et le samedi après-midi", précise Alexandre Saboundjian.

Enfin, Jamendo est dédiée à la gestion de droits de musiciens. "Elle offre beaucoup d’autonomie aux artistes dans la gestion de leurs droits contrairement aux sociétés d’auteur traditionnelles comme la Sabam ou la Sacem", avance le CEO. Elle compte 40.000 artistes et près de 580.000 œuvres en catalogue. Ces artistes peuvent décider de rendre gratuit le téléchargement privé de leurs chansons, par exemple à des fins promotionnelle, et, par contre, faire payer leur musique pour un usage commercial, par exemple si une entreprise veut l’utiliser pour une campagne de pub, animer un magasin, etc. Aujourd’hui, Jamendo gère 215.000 licences d’artistes. L’an dernier, elle leur a redistribué 1,9 million d’euros. "Jamendo colle davantage à l’évolution voulue par la Commission européenne, estime Alexandre Saboundjian. On se dirige vers un modèle où un artiste pourra décider de confier ou non telle ou telle partie de son répertoire à une société de gestion droit."

Aujourd’hui AudioValley compte 135 collaborateurs dans 7 pays. Si Storever et Jamendo gagnent de l’argent, dit leur patron, ce n’est pas le cas de Radionomy, mais, d’après lui, c’est cette dernière qui a le plus fort potentiel de croissance en raison de l’émergence de la radio digitale.

Dans ce contexte, le groupe est à la recherche de capitaux frais. Pour assurer son développement futur mais aussi pour boucler le rachat des parts de Vivendi. Objectif: lever "plusieurs dizaines de millions d’euros". Priorité sera donnée à des financiers plutôt qu’à un opérateur industriel, même si le CEO d’AudioValley ne ferme aucune porte. Il entend toutefois rester majoritaire. Une banque a été mandatée à cette fin. Alexandre Saboundjian reste volontairement flou et indique que d’ici un mois il devrait y voir plus clair sur les différentes options.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content