"Sans Chichis": Philippot reconnaît une "maladresse"

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Auditionné ce matin par le régulateur de l’audiovisuel dans le cadre de l’affaires "Sans Chichis", l’administrateur général a démonté, par la voix de son avocat, l’opportunité de la procédure intentée par le CSA tout en reconnaissant une erreur d’appréciation.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a auditionné ce matin, par l’intermédiaire de son premier vice-président Pierre Houtmans (étiqueté MR), l’administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot, suite aux remous provoqués par l’affaires "Sans Chichis", le talk show diffusé le 9 janvier dernier sur la Deux et entièrement dédié au Premier ministre Elio Di Rupo (PS).

Suite à cette émission, le CSA avait notifié à la RTBF un grief fondé sur la méconnaissance potentielle de l’article 3 du décret de 1997 sur le statut de la RTBF selon lequel, entre autres, la RTBF doit veiller dans son offre de programmes à refléter les différents courants d’idées de la société sans discrimination, notamment idéologique.

La procédure avait été lancée sur base de l’article 162 du décret sur les médias. Celui-ci stipule que " dans les cas urgents et lorsqu'il existe un risque de préjudice grave et difficilement réparable (...), le président du CSA (...) dès qu'il a connaissance d'un fait susceptible de constituer une violation ou un manquement visés à l'article 159, § 1er peut convoquer les personnes intéressées ".

L’audition a duré une heure durant laquelle la RTBF, par la voix de son avocat Jacques Englebert a invoqué le caractère non-fondé de cette convocation. Il s’est demandé, où était l’urgence alors que la personnalité de l’invité était connue depuis le 18 décembre. Il s’est aussi interrogé sur le caractère du préjudice grave alors que l’émission a été diffusée avant la période dite de prudence durant laquelle les apparitions télévisées des personnalités politiques sont strictement réglementée, qui plus est dans une émission de divertissement. Le seul cas de gravité a-t-il rappelé est celui de radio Al-Manar qui durant une précédent campagne en 2009 avait diffusé des propos incitant à la haine. En l’espèce, l’urgence et la gravité des propos justifiaient une intervention du CSA.

Jean-Paul Philippot a abondé dans le même sens, rappelant que la RTBF n’avait formellement enfreint à aucune règle. Comme nous l’indiquions ce week-end ("L’Echo" du 18 janvier), il a cependant reconnu une " maladresse éditoriale " en programmant cette émission et son invité après la date symbolique du 1³er janvier. L’affaire sera discutée au sein du conseil d’administration dans le but de poser des balises, jusqu’ici inexistantes, autour de l’apparition de personnalités politiques dans les émissions de divertissement.

Le Premier vice-président du CSA, qui n’a posé aucune question au patron de la RTBF à l’issue de son audition, va prendre une décision de sanction éventuelle dans les prochains jours. La RTBF devrait tout au plus recevoir un avertissement.

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