Umedia, le n°1 du Tax shelter, revoit ses structures et sa direction

©Kristof Vadino

La CEO et cofondatrice Nadia Khamlichi quitte son poste. La directrice d’Ufund, Aurélie Dusausoy, filiale dédiée aux levées de fonds Tax shelter, prend les rênes de la société.

Le groupe audiovisuel Umedia, spécialisé dans la production audiovisuelle, la levée de fonds Tax shelter (dont elle est le leader en Belgique avec 38 millions levés en 2018) et les effets spéciaux, revoit son organisation. Suite à la réforme du code des sociétés, il affiche désormais une gouvernance duale avec un conseil de direction, qui gère le groupe au quotidien, et un conseil de surveillance qui définit la stratégie, la contrôle et approuve les comptes.

Nadia Khamlichi, qui occupait le poste de CEO, a décidé de prendre du recul. Cofondatrice du groupe il y a 15 ans avec Adrian Politowski et Jeremy Burdek (le trio détenant la majorité des parts), elle va prendre la présidence du conseil de surveillance. Elle est remplacée par Aurélie Dusausoy, qui dirigeait jusqu’ici la filiale Ufund dédiée à la levée de fonds Tax shelter. Cette fiscaliste formée à Solvay a travaillé six ans chez Deloitte avant d’arriver en 2015 chez Ufund pour apporter son expertise fiscale aux investisseurs.

Depuis le début de l’année, elle est davantage impliquée dans la stratégie du groupe. "Elle dirigera un conseil de direction très féminin, puisqu’on y trouve trois femmes pour deux hommes", se félicite Nadia Khamlichi. Cette dernière invoque des raisons personnelles et familiales pour lâcher la bride du day-to-day. "Mais à 40 ans, je ne prends pas ma retraite", plaisante-t-elle. Au contraire. Avec Adrian Politowski, elle a racheté au groupe l’activité dédiée à la coproduction de films anglo-saxons, basée à Los Angeles et à Londres, et l’a rebaptisée Align.

25 millions €
Le chiffre d’affaires correspondant aux prestations de services réalisées par les différentes entités d’Umédia tourne autour de 25 millions.

Cela ne l’empêchera pas cette dernière de continuer à collaborer avec le groupe. Ainsi, Ufund lèvera les fonds Tax shelter au cas où les productions Align pourraient y prétendre. Une de ses deux premières productions mises en chantier depuis son changement de nom est ainsi coproduite avec Umedia: "Blithe Spirit", comédie britannique de Edward Hall (réalisateur de "Downton Abbey"), la deuxième étant "Love, weddings & other disasters", comédie romantique américaine avec Diane Keaton et Jeremy Irons. Quant à Umedia, il a dans son pipeline les coproductions de "La Belle époque" de Nicolas Bedos, qui sortira en novembre, avec un casting trois étoiles (Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Fanny Ardant), de "La terre et le sang" qui sortira sur Netflix en 2020 et la saison 2 de la série à succès "Les rivières pourpres".

Bref, après avoir vécu deux années agitées en raison du Nexus gate (du nom de son ex-filiale à 51% impliquée dans une affaire de fausses factures et tombée depuis en faillite) et le tax shift qui a rendu le Tax shelter moins attractif pour certains investisseurs, Umedia prend un peu un nouveau départ.

Estimer aujourd’hui ce que pèse réellement Umedia – qui emploie une petite centaine d’employés et autant de free-lances – n’est cependant pas chose aisée. "Effectivement, les sociétés de production doivent comptablement reprendre toutes les dépenses au budget d’un film dans leur chiffre d’affaires, explique Aurélie Dusausoy. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe qui s’élève à 140 millions en 2018 ne peut donc être uniquement comparé avec d’autres groupes de production audiovisuelle." Autrement dit, "le chiffre d’affaires correspondant aux prestations de services effectivement réalisées par les différentes entités du groupe peut, lui, s’estimer aux alentours de 25 millions d’euros", ajoute la nouvelle CEO.

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