13.500 victimes de crimes du web abandonnées par an

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Chaque jour, plus de 57 personnes portent plainte pour "fraude sur internet". Mais à peine 2,5% de ces plaintes mènent à une assignation devant une cour pénale.

Personne n’en doute: la criminalité a envahi la toile. Qu’il s’agisse d’escroqueries classiques à l’aide de mails d’hameçonnage, de piratages de comptes bancaires en ligne, de prises en otage d’ordinateurs à l’aide de ransomsware ou de "fraudes au CEO " (qui consistent à demander à des collaborateurs d’une entreprise de virer des sommes importantes). Mais est-il utile de déposer plainte à la police si vous êtes la victime de tels actes ?

Environ 57 plaintes pour "fraude sur internet" au sens large sont communiquées aux parquets chaque jour. C’est ce que révèlent les chiffres demandés par la députée N-VA Goedele Uyttersprot au ministre de la Justice Koen Geens (CD&V). Ses services ont recensé très exactement 34.944 nouvelles plaintes entre janvier 2016 et fin août de l’an dernier. Ces chiffres ne tiennent donc pas compte des simples "notifications" destinées par exemple à permettre au Service public fédéral Économie de prévenir le reste de la population de nouveaux modes opératoires des criminels du web: ils ne concernent que les véritables plaintes déposées afin de démasquer les auteurs, de les faire condamner et d’obtenir réparation.

Dans 61% des cas, les plaintes sont laissées sans suite parce que les auteurs sont inconnus.

Les chiffres communiqués révèlent qu’à peine 2,5% de ces dizaines de milliers de plaintes ont effectivement mené à une assignation devant une cour pénale. Quelque 64% des affaires sont restés sans suite, soit 22.390 des 34.944 plaintes enregistrées durant la période concernée. Autrement dit: près de 37 des 57 plaintes introduites chaque jour en moyenne sont classées sans suite, et les cybercriminels ne seront jamais inquiétés. Cela correspond à plus de 13.500 victimes de fraude en ligne qui n’obtiendront pas justice chaque année.

Et cela ne signifie pas pour autant que les autres plaintes mèneront à l’arrestation des auteurs. Car au moment du comptage, plus de 5.700 plaintes étaient "à l’information " au sein des parquets, alors que 661 plaintes étaient en "instruction judiciaire " (entre les mains d’un juge d’instruction). Ces affaires aussi pourraient ne pas aboutir.

Concernant les raisons invoquées par les parquets pour laisser des plantes sans suite, c’est dans 61% des cas parce que les auteurs sont inconnus. Et que les parquets considèrent que la probabilité de les identifier au terme d’une enquête est mince ou nulle. En outre, les parquets classent 24% de plaintes sans suite pour de simples raisons d’opportunité, généralement parce que leur politique donne priorité à d’autres dossiers.

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