Des victimes consentantes de Facebook

©RV DOC

Facebook se lance dans la cryptomonnaie.

Il avait déjà investi largement nos états d’âmes et notre vie privée. Le voilà qui s’apprête à entrer dans nos portefeuilles. Facebook a officialisé le lancement prochain de sa cryptomonnaie, le libra, qui devrait débarquer sur les écrans de nos smartphones dès l’année prochaine. Ce faisant, Mark Zuckerberg et ses partenaires s’engouffrent dans une brèche laissée béante. D’une part, par les autres cryptomonnaies qui n’ont jamais réussi à descendre au niveau des consommateurs, limitant leur champ d’action au mieux aux spéculateurs, au pire aux activités illicites.

Facebook avait jusqu’ici une population et un territoire. Il aura maintenant des alliés et sa monnaie. Comme un véritable État.

D’autre part, par les banques traditionnelles. On les sait très en retard sur le terrain de la digitalisation. On les sait également peu enclines à s’intéresser aux populations les plus pauvres.

Des constats qui se sont mués en un nouveau relais de croissance pour Facebook: le lancement d’une monnaie facile d’utilisation, bon marché et accessible à tous. Et surtout, par conséquent, la récolte d’encore davantage de données sur nos comportements et donc de possibilités de vendre du contenu publicitaire ciblé.

Car on voit mal ce qui pourrait arrêter le groupe de Menlo Park dans son irrésistible ascension. Facebook disposait jusqu’ici d’une large population (2,4 milliards d’utilisateurs) et d’un vaste territoire (des applications ultra-populaires). Il aura maintenant des partenaires financiers, des alliés et sa propre monnaie. Comme un véritable État.

Reste à voir si la confiance sera au rendez-vous. On l’a dite échaudée vis-à-vis de Facebook depuis le scandale Cambridge Analytica. Pourtant #facebookdelete n’est resté qu’un phénomène marginal et le nombre d’utilisateurs du "social network" continue de croître mois après mois. Par contre, 10 ans après la crise financière, le désamour des citoyens vis-à-vis des banques reste pendant. Un fait de plus qui aidera King Zuckerberg à faire de nous des victimes consentantes. On parie un libra?

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