Le smartphone de demain en cinq grandes tendances

©AFP

Face à un marché atone, les fabricants de tous bords ont paré leurs bijoux de leurs plus beaux atours au Mobile World Congress de Barcelone. Chacun y va de son petit truc pour tenter de continuer à plaire au grand public. Tour d’horizon des dernières innovations en la matière.

1. Rapidité | Harder, better, faster, stronger

C’était là le développement le plus prévisible. Car qui dit nouvelle technologie à l’influence significative, dit forcément prise en compte par les grands fabricants. C’est ainsi que Samsung, Huawei, ou encore LG ont présenté les premiers smartphones véritablement équipés de 5G. Et ce, alors même que le dossier des attributions des fréquences de l’internet mobile ultrarapide est postposé à 2020 en Belgique, évoquait-on encore récemment. Ce qui signifie que, pour l’heure, le Belge pourra bientôt acquérir un GSM compatible, mais pas pour autant en profiter tout de suite.

Pourtant, la 5G devrait permettre, comparativement à son prédécesseur, de bénéficier d’un confort d’utilisation légèrement accru. Pas plus que cela? Malgré un débit entre 10 et 20 fois plus faible, il convient de souligner que la technologie actuellement en vigueur permet déjà des vitesses agréables. Ce que la 5G devrait changer, côté GSM, tient surtout à la latence (délai entre envoi et réception d’une information), permettant du vrai "live", utile pour les jeux vidéos mobiles notamment.

2. Totalité | Un écran démasqué

En 2007, quand Apple introduit l’iPhone, l’écran de l’appareil est encadré, en haut et en bas, de bandeaux noirs caractéristiques, l’un accueillant un unique bouton de commande, l’autre, un haut-parleur. Sans lentille, à l’époque, pour la caméra à selfies, devenue un must aujourd’hui. Le reste appartient à l’histoire. Peu à peu, les fabricants comprennent l’intérêt d’un second appareil photo en façade, en sus de la caméra arrière. Mais, voilà, force est de constater que tout ça prend une place précieuse qui empêche d’augmenter la taille de l’écran, sans changer celle du smartphone en lui-même.

Exit donc les bandeaux, dans le cadre de ce que l’on qualifie d’"edge displays" (écrans étendus jusqu’aux bords des terminaux), les grands noms de l’industrie intègrent les appareils photos dans des pastilles oblongues nichées au sein des écrans. Désormais, ils les font disparaître au profit d’un unique trou ("punch-hole") où loger la lentille. Demain, la caméra pourrait s’effacer derrière l’écran, comme les lecteurs d’empreintes digitales ont commencé à le faire.

3. Flexibilité | Se plier en quatre pour faire deux

Après les fameuses "phablettes" (mot-valise composé de "phone" et "tablet" – désormais obsolète de par la généralisation de ce type d’appareil), ces grands smartphones devant combler les manques, respectivement, de lisibilité du smartphone et de portabilité des tablettes, l’heure est désormais aux écrans pliables, voire flexibles, pour les fabricants.

FlexPai (Royole) ©EPA

L’idée? Pouvoir doubler la taille des écrans à la demande, en en dépliant simplement un second, caché à l’arrière. Une avancée rendue possible de par des avancées technologiques de taille du côté des écrans. Le système de pliage invisible d’Huawei, par exemple, est rendu possible par une centaine de composants. Seul hic à cette nouveauté, les deux écrans juxtaposés forment alors un carré, format peu adapté à la vidéo ou aux divers flux de contenu auxquels nous ont habitué les réseaux sociaux. De plus, pour l’heure et de par les efforts demandés, les prix des appareils concernés ont franchi la barre de 2.000€, là où la barre symbolique des 1.000€ avait déjà fait couler beaucoup d’encre en son temps.

4. Spécificité | Des capteurs pour tous les cas de figure

Il est résolument loin le temps des capteurs uniques. Aujourd’hui, la course à toujours plus est lancée sur la face arrière des smartphones. D’un à deux, puis trois, voire quatre, les fabricants en rajoutent chaque année. Dernier exemple en date, Nokia (via HMD, autre entreprise finlandaise chargée de la commercialisation des smartphones de la marque bien connue), qui est aujourd’hui passé à cinq capteurs sur son dernier modèle, le Nokia 9 "PureView", présenté à Barcelone. Via une capture simultanée de l’image, puis sa fusion en une seule photo, l’appareil est capable d’offrir une plage dynamique (entre différents niveaux d’intensité lumineuse) et une profondeur de champ (zone dans laquelle un objet ressortira comme net sur la photo) plus importante que celle d’un appareil classique.

©doc

D’autres acteurs ont eux fait le choix de multiplier les capteurs pour d’autres raisons: offrir des mini-appareils photos spécifiques aux applications souhaitées, d’un grand-angle à un zoom, en passant par une caméra noir et blanc uniquement. Tout ceci dans l’idée d’obtenir la meilleure qualité possible.

5. Et après?  | Se dirige-t-on vers une ère post-smartphone?

Tous ces changements ne font, avec du recul, que raffiner quelque peu la logique initiale du smartphone, amorcée courant des années 2000. On peut cependant se poser une question, face à un marché atone où les ventes mondiales ont reculé sur 2018 de 4,1%: arrive-t-on au bout de la logique? L’appareil que nous utilisons (presque) tous chaque jour pour interagir dans notre vie numérique et, encore plus demain, physique, pourrait-il faire place à autre chose? Après tout, il est loin d’être optimal, le micro étant loin de la bouche, le signal subissant les interférences de notre tête – sans parler des possibles effets sur notre cerveau –, quand, pour interagir avec lui, il faut renoncer à être en ligne avec quelqu’un.

À terme, Jan Rabaey, professeur à Berkeley, est clair: "Il n’est pas impensable que le smartphone soit désintégré. D’un appareil tout-en-un, ses fonctions pourraient être séparées en une montre intelligente pour l’interface, une oreillette pour le son, une couronne dentaire pour le micro, une lentille de contact pour objectif et le textile de votre veste ou de votre sac à dos pour antenne. Dans une symphonie orchestrée, ces appareils individuels joueraient ensemble pour offrir une expérience optimale".

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