Comment Apple pourra arriver aux 1.000 milliards de dollars

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La capitalisation boursière du fabricant de smartphones pourrait atteindre le seuil record de 1.000 milliards de dollars grâce à ses ventes d’iPhone et à la Chine, notamment.

La capitalisation boursière d’Apple a atteint plus de 900 milliards de dollars ce jeudi. La publication, la semaine dernière, des résultats de son exercice fiscal décalé pour cette année a positivement surpris les analystes. Mais la progression de la valeur boursière de la firme à la pomme coïncide aussi avec le débarquement de l’iPhoneX dans les Apple Stores et sur le site du groupe. Les analystes, au moins treize, ont surtout retenu dans la publication des chiffres financiers de la société des éléments clés qui leur permettent d’espérer une progression du cours de l’action au-delà de 200 dollars, contre 175,21 dollars actuellement. À ce niveau, la capitalisation boursière d’Apple dépassera 1.000 milliards de dollars, du jamais vu pour une société cotée. Nous avons passé en revue les cinq éléments qui pourraient jouer en faveur du titre.

1. Les ventes d’iPhone

Les ventes d’iPhone ont atteint 46,7 millions, au-dessus du consensus de FactSet à 46,4 millions, pour le quatrième trimestre clos le 30 septembre. Celles-ci ont généré des revenus de 28,85 milliards de dollars, soit 55% du chiffre d’affaires total d’Apple qui a progressé de 12% à 52,58 milliards de dollars. Les analystes prévoyaient en moyenne un chiffre d’affaires de 50,7 milliards de dollars, selon Thomson Reuters. Avant la publication de ces chiffres, beaucoup d’analystes avaient pointé une incertitude sur la chaîne de ventes des iPhone en raison de l’arrivée de l’iPhoneX. Dès l’annonce des précommandes pour la dernière version du smartphone d’Apple, les particuliers se sont rués sur celles-ci, laissant craindre des ventes maigrichonnes pour l’iPhone 8 et 8 Plus. Tim Cook, le directeur de la société, a indiqué lors de la présentation des résultats financiers que "durant la dernière semaine de septembre, nous avons commencé à livrer l’iPhone 8 et 8 Plus dans plus de 50 pays. Ils sont devenus instantanément nos deux modèles les plus populaires et le sont restés depuis lors".

"Le portefeuille de plus en plus large d’iPhone rend plus difficiles les prévisions pour le prix moyen de vente du smartphone."
Walter Piecyk
Analyste chez BTIG

Slice Intelligence, un organisme qui collecte les données de ventes en ligne, a calculé qu’Apple a vendu 7% de plus d’iPhone 8, 8 Plus et X que d’iPhone 6 et 6 plus. Chez BTIG, une firme de recherche financière, l’analyste Walter Piecyk souligne dans une note que "le portefeuille de plus en plus large d’iPhone rend plus difficiles les prévisions pour le prix moyen de vente du smartphone". Mais il estime à 689 dollars le prix moyen de vente des iPhone en 2018, en deça du consensus de 695 dollars et malgré le lancement de l’iPhone X, qui coûte plus de 1.150 dollars. Malgré une estimation moindre que le consensus, l’analyste relève que ce prix intègre une hausse de 4% du prix moyen de vente de l’iPhone par rapport à cette année. Les prochains résultats trimestriels sont donc d’ores et déjà très attendus par les analystes. Certains soulignent que tout dépendra de la production de l’iPhone X, car actuellement, le marché craint encore que la production ne suive pas la demande, et que les consommateurs ne finissent par choisir une marque concurrente, ou une version moins cher de l’iPhone. Strategy Analytics, une firme de recherche, a revu à 30 millions d’unités les ventes de l’iPhone X après les fêtes de fin d’année, contre 60 millions initialement, malgré les longues files devant les Apple Stores.

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2. La consommation chinoise

Lors de la présentation des résultats financiers d’Apple, Tim Cook a rassuré les investisseurs en indiquant que les revenus de sa firme en Chine ont enfin inversé leur tendance baissière, après six trimestres de performance décevante. La région, qui reste le second marché d’Apple, a connu une croissance de 11,6% sur un an, un chiffre que le groupe n’avait plus connu depuis le premier trimestre fiscal de 2016. Tim Cook a précisé qu’Apple a doublé sa part de marché en Chine et augmenté ses livraisons dans le pays "à deux chiffres" de pourcentage. Une explication à cette croissance tient dans la plus large gamme de prix pour son smartphone, et notamment par des prix moins élevés pour les versions moins récentes de l’iPhone. Selon des analystes, cette gamme de prix moins élevés a pu toucher un marché plus large dans l’Empire du Milieu.

"L’iPhone X est un smartphone très compétitif."
Jin Di
analyste chez IDC

Jin Di, un analyste d’IDC, estime que l’iPhoneX va trouver beaucoup d’utilisateurs en Chine. "Apple va voir ses exportations continuer à croître le trimestre prochain car l’iPhoneX est un smartphone très compétitif sur le marché", affirme-t-il. Mais tous les analystes ne partagent pas cet avis. "Le prix élevé de l’iPhoneX risque d’impacter négativement les ventes d’Apple en Chine", craint Jia Mo, un analyste de la firme de recherche Canalys. Il estime qu’Apple va livrer environ 13,5 millions d’iPhone en Chine au quatrième trimestre, alors qu’à la même période en 2016, la firme avait livré 15 millions d’unités, lorsque celle-ci avait présenté une nouvelle version de l’iPhone 7.

3. Une progression des autres produits

Même si l’iPhone représente deux tiers des ventes d’Apple, le groupe a pu s’appuyer sur les ventes des autres produits de sa gamme, à commencer par l’iPad. Les analystes ont noté que les résultats du quatrième trimestre fiscal d’Apple ont souligné la capacité de la firme à générer de la croissance non seulement sur l’iPhone mais aussi sur ses autres produits. Les ventes de Mac et d’iPad ont dépassé les attentes de beaucoup d’analystes, selon FactSet. L’iPad a généré 4,8 milliards de dollars de revenus sur la période, soit 11% de plus par rapport au quatrième trimestre fiscal en 2016. Apple a également indiqué que la part de marché de l’iPad a grimpé à 57% contre 47% il y a un an. La collaboration de la société avec Accenture , signée en août, génère beaucoup d’espoir pour les analystes, car elle renforce l’usage de l’iPad dans les entreprises. Les ventes d’iPad et de Mac ont généré 12 milliards de dollars sur le quatrième trimestre fiscal. 4 Les autres services

Lors de la présentation des résultats financiers d’Apple, Tim Cook a également indiqué que les services connaissent une accélération. Des analystes ont calculé que ceux-ci ont connu une croissance de 50% en rythme annualisé. Les services ont rapporté 8,5 milliards de dollars au quatrième trimestre fiscal. Ils rapportent plus de bénéfices à la firme que les hardwares comme l’iPhone. Leurs revenus ont progressé de 24% sur un an, soit deux fois plus vite que le reste de la gamme de la société.

L’Apple Pay, le service de paiement mobile, lancé l’année passée, voit son utilisation décoller. Aux Etats-Unis, 5,5% des détenteurs d’iPhone ont indiqué avoir payé avec ce service dans les magasins. La concurrence est rude sur ce front, car le groupe de distribution Walmart a, lui aussi, lancé le même service, et barre l’accès de l’Apple Pay dans ses magasins. Mais en octobre, Apple a annoncé que la chaîne américaine Safeway allait accepter l’Apple Pay. La firme a indiqué durant la présentation de ses résultats que les transactions annuelles avec l’Apple Pay ont progressé de 330%.

Ce service doit être déployé dans les autres pays. Fin octobre, la firme l’a activé en Suède, au Danemark, en Finlande et aux Emirats arabes unis. Elle devrait prochainement le lancer en Allemagne, aux Pays-Bas, en Pologne et en Norvège, mais aussi en Inde. Un aspect non négligeable pour les analystes. "La qualité des revenus d’Apple augmente. Sa base de revenus se déplace vers des produits à plus forte marge et plus prévisibles" souligne Walter Piecyk.

5. Le cash d’Apple

Walter Piecyk s’attend à ce qu’Apple rachète pour 40 milliards de dollars d’actions l’année prochaine, même s’il reconnaît que la société "a ralenti le rythme de ses rachats de titres ces derniers trimestres". Le cash de la société s’élève 268,9 milliards de dollars. "Apple génère plus de 50 milliards de dollars de flux de trésorerie par année, utilisant environ 12,6 milliards pour les dividendes", calcule Walter Piecyk. Mais la firme s’est aussi endettée pour pouvoir payer ses dividendes et racheter ses propres titres. Récemment, elle a levé 7 milliards de dollars en obligations, à peine deux mois après avoir émis 5 milliards de dollars de dette, toujours pour financer son plan de rachats de titres et ses dividendes. La firme espère pouvoir rapatrier son cash, dont 94% sont détenus en dehors des Etats-Unis, avec la réforme de l’impôt des sociétés promise par le président Donald Trump.

Le parti républicain a déposé à la Chambre des représentants une proposition pour ramener à 12% le taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés américaines générés à l’étranger au lieu de 35% si celles-ci rapatrient leur argent. Beaucoup d’analystes ont prévu qu’Apple sera un des grands gagnants de la réforme fiscale voulue par Donald Trump. En attendant, le groupe continue de récompenser ses actionnaires par des rachats de titres et des dividendes. Ce programme généreux envers les actionnaires a aussi soutenu le cours de l’action ces derniers trimestres. Mais toute la question est de savoir si la société va continuer sa politique. Toute manœuvre de réduction de ces rachats peut avoir un impact négatif sur le cours de l’action.

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