Qui est X, candidat mystère à l'ouverture du câble belge?

Jack Hamande, président de l'IBPT. ©Dieter Telemans

Un document de l’IBPT révèle l’intérêt pour l’ouverture à la concurrence des réseaux câblés d’un groupe, probablement étranger, qui a insisté pour garder l’anonymat. Enquête...

La semaine dernière, le régulateur du secteur télécoms en Belgique, l’IBPT, publiait la décision finale sur les conditions tarifaires de l’ouverture du câble à la concurrence. Un dossier qui traîne depuis quatre ans et cristallise les tensions entre les opérateurs, mais également au sein du monde politique, largement impliqué dans le débat.

Mais outre les prix de gros qui devront être pratiqués, on trouve dans ce document les résultats de la consultation que l’IBPT avait lancée au sujet des tarifs présentés en avril de cette année. On peut donc lire les arguments et critiques présentés par tous les cadors du marché télécoms belge, de Proximus à Voo (Nethys) en passant par Numericable et Telenet . Pas de grande nouveauté dans ces observations, qui correspondent à la politique affichée officiellement par les sociétés, même si certains éléments sont gardés confidentiels.

Un inconnu bien curieux

Mais là où cela devient intéressant, c’est lorsqu’on remarque que ces entreprises sont toutes citées nommément, à l’exception notable d’un dernier acteur, "X", qui pose de nombreuses questions sur la régulation à venir. Des questions précises, notamment sur la prise en compte des économies d’échelle ou des frais de raccordement. Et qui demande également la mise en place d’un système de pénalité dans le cas où Voo ou Telenet ne respecteraient par leurs engagements en matière de qualité de connexion.

L’acteur mystère aurait en outre souhaité que l’on étudie la possibilité d’offrir uniquement de l’internet haut débit ou de la télévision numérique et estime que "le niveau des prix de gros sur le marché fixe est beaucoup plus élevé que sur le marché mobile".

Impossible, à la lecture de ces éléments, de ne pas penser à un coup de sonde d’un opérateur étranger qui souhaiterait profiter de l’ouverture du câble pour se lancer sur le marché belge. De quoi relancer le ballet des spéculations sur l’arrivée d’un nouvel acteur sur le marché, à cette exception près que les conditions sont ici très strictes. D’autant que Jack Hamande, président de l’IBPT, nous l’a confirmé: "Il s’agit bien d’une entité, ce n’est pas une catégorie fourre-tout dans laquelle nous avons rassemblé les commentaires que nous avons reçus par-ci, par-là, mais cet acteur a spécifiquement demandé à rester anonyme."

Un géant français…

D’aucuns évoquent le nom d’Altice, la maison mère de Numericable, qui pourrait tenter un coup de poker avec le rachat de Mobistar par exemple. Ou qui aurait souhaité en savoir plus sur les bénéfices de la régulation, sans mettre les mots dans la bouche de Numericable qui, comme les autres câblos belges, ne peut se permettre de dire du bien du projet. Sauf que selon nos informations, Altice ne serait pas notre acteur mystère. Coup dans l’eau.

Autre usual suspect dont certains espèrent l’arrivée en Belgique depuis longtemps: Xavier Niel, le père du français Free, qui n’a jamais manqué une occasion de signaler son intérêt pour le marché. "Mais s’il y a eu de la rhétorique, on ne les a jamais vus s’asseoir à une table de négociations ou même prendre des contacts sur des dossiers belges", affirme un expert du secteur. Orange, autoproclamé fer de lance de la consolidation européenne? On voit difficilement l’intérêt, puisque le groupe est déjà actionnaire majoritaire de Mobistar.

Le néerlandais KPN ? S’il est vrai que l’entreprise affiche une nette préférence pour les réseaux câblés, on l’imagine relativement mal revenir sur le marché belge après avoir vendu à bon prix sa filiale mobile, Base.

Ou une marque d’intérêt pour Mobistar?

Restent des candidats, plus improbables encore, comme Vodafone, Deutsche Telekom ou de plus petits acteurs. Mais à l’heure où tout le monde parle de consolidation, surtout à l’échelon national, une marque d’intérêt pour l’ouverture semble impliquer une marque d’intérêt pour Mobistar: on s’offre un gros opérateur mobile à couverture nationale, pour ensuite couvrir le fixe grâce à la régulation.

À moins, bien entendu, qu’il ne s’agisse que d’un coup de sonde aléatoire. "Il arrive assez fréquemment que des groupes de partout dans le monde participent à ce type de consultations, majoritairement pour se tenir au courant de l’évolution du cadre réglementaire, sans véritable projet industriel", explique un expert du secteur. Les paris sont en tout cas ouverts et, depuis une semaine, le petit monde belge des télécoms s’interroge sur ce "monstre du Loch Ness".

©Photo News

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