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Vers un blocage des téléphones en voiture

©Photo News

Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les autorités veulent installer des logiciels de brouillage des signaux de GSM lorsqu’un véhicule est en marche.

Quatorze ans de prison. C’est la peine maximale que risque un conducteur britannique qui provoquerait un accident mortel après avoir liké une photo ou répondu à un appel. Cette privation de liberté est jugée insuffisante par le gouvernement britannique, qui a lancé une consultation jusqu’au mois de février pour étendre la punition théorique à la perpétuité.

Deux vies brisées – celle de la victime et celle du chauffeur enfermé à vie – pourraient être épargnées grâce au développement de nouveaux logiciels qui permettent de bloquer certaines fonctionnalités du portable.

Le Departement of Transport a convoqué des opérateurs et des fabricants de téléphonie mobile pour leur demander d’installer ce type de logiciel. La réflexion est moins avancée qu’aux Etats-Unis, mais la première réunion du mois de janvier devrait permettre d’en savoir plus.

Aux Etats-Unis, la National Highway Traffic Safety Administration vient d’adresser des recommandations à Apple, Samsung et aux autres fabricants pour installer un logiciel comparable à celui du mode "avion", qui permet aux passagers du transport aérien d’utiliser leur portable sans interférences.

Pokemon Go déjà bloqué

Dans son guide d’une centaine de pages, intitulé "Visual-Manual NHTSA Driver Distraction Guidelines for Portable and Aftermarket Devices", l’autorité routière détaille avec précision les différentes phases menant vers l’application automatique du "driver mode", autrement dit du blocage des signaux vers les antennes 4G et GSM. Concrètement, ce système permettra de connecter le téléphone portable du conducteur avec l’équipement informatique du véhicule, et de le placer automatiquement en mode sécurité.

La technologie existe déjà sous diverses formes. Après une série d’accidents, l’éditeur du jeu Pokemon Go, Niantic, a par exemple réussi à bloquer les connexions dans les voitures circulant à plus de 30 miles à l’heure (48 km/h).

L’utilisation du téléphone au volant est devenue un problème chronique: aux Etats-Unis, le nombre de conducteurs tapotant sur leur portable a progressé de 336% entre 2009 et 2014. Au Royaume-Uni, environ un tiers des conducteurs reconnaissent écrire ou lire des messages au volant. Pas moins de 17.500 automobilistes ont été mis à l’amende l’an dernier.

En Belgique, la situation n’est pas meilleure: 57.000 infractions sur les six premiers mois de l’année. Une récente enquête de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) indiquait que plus de huit personnes interrogées sur dix utilisent occasionnellement leur GSM en conduisant. Avec cette conséquence potentiellement dramatique: envoyer ou lire un SMS multiplie par 23 le risque d’accident.

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