Bruxelles près de relever ses normes d'émission pour accueillir la 5G

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Après des années de discorde, Région et opérateurs approcheraient enfin d’un accord en vue de paver la voie à l’avènement de l’internet mobile ultra-rapide.

Il s’en est fallu de peu pour que la donne en matière de 5G ne change enfin à Bruxelles, a-t-on appris à bonne source. En effet, il nous revient que, courant de semaine, Région et opérateurs étaient quasi arrivés à être sur la même longueur d’onde au sujet d’une révision des normes d’émission d’application dans la capitale, condition sine qua non à l’avènement effectif de l’internet mobile ultra-rapide.

Sauf que voilà, si ce point devait initialement figurer jeudi à l’ordre du jour du conseil des ministres du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, "il a finalement été reporté en dernière minute", nous affirme une source proche du dossier.

Faut-il y voir une concession, voire une crainte à l’égard d’Ecolo, qui a toujours fait montre d’une position ferme sur le sujet en indiquant vouloir "limiter strictement le risque électromagnétique"? Après tout, le parti est sorti nettement renforcé des élections communales du week-end… "C’est vraiment n’importe quoi", rétorque fermement sur le sujet Céline Fremault, ministre bruxelloise de l’Environnement. "Il n’y a ni texte déposé ni groupe de travail intercabinet à ce sujet. Rien." Dans les rangs du ministre-président de la Région de Bruxelles capitale, Rudi Vervoort, on abonde. "Ce dossier n’est pas à l’ordre du jour."

Pourtant, quand on y regarde de près, force est de constater que le temps presse pour avancer dans la bonne direction, les deux parties ayant conclu un premier protocole d’accord sur la 5G fin juillet en vue de faire de la capitale la première ville de Belgique à déployer la technologie d’ici 2020. Dans ce cadre, un engagement a été pris de la part de la Région à aboutir "d’ici la fin d’année", nous souffle-t-on. Avant d’ajouter: "On espère que ce sera le cas."

Frein réel pour les opérateurs

Mais pour aboutir sur quoi en fin de compte? Quel est l’enjeu véritable de ces discussions? En bref, et pour faire simple, de faire évoluer l’actuelle "norme d’exposition aux rayonnements des antennes émettrices", résumée en "norme d’émission", prévalant à Bruxelles et fixée à quelque 6 volts par mètre (par antenne), unité mesurant l’intensité d’un champ électrique.

Et pour cause, cette fameuse norme constitue une barrière véritable pour les opérateurs, ayant été, par exemple, jusqu’à forcer Proximus en avril à préférer Haasrode (Louvain) à Bruxelles pour déployer un test grandeur nature de 5G en extérieur. "Un vrai souci" alors que la consommation de données mobiles ne cesse de croître de façon exponentielle depuis plusieurs années en Belgique, n’avait pas manqué de marteler en juin Dominique Leroy, CEO, à ce sujet, en présence du ministre fédéral des Télécoms, Alexander De Croo.

D’autant qu’il convient de souligner qu’à titre de comparaison, "lorsque vous téléphonez avec un GSM, vous êtes exposé à un champ électrique d’environ 50 à 60 V/m (jusqu’à 100 V/m pour les GSM plus anciens, NDLR) lors des premières secondes de la communication, soit quand l’appareil cherche la connexion avec l’antenne la plus proche", renseigne-t-on du côté de Bruxelles Environnement. À 6 V/m, les normes d’émission bruxelloises sont donc en fait 50 fois plus sévères que ce que préconise l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rappelait-on encore récemment du côté du régulateur des télécoms (IBPT).

Vers une norme calquée sur la Flandre?

En coulisse, il se murmure qu’un accord serait proche en vue de rehausser la limite à 14,5 volts par mètre d’ici la fin d’année, entend-on. Un premier pas, mais qui n’aurait rien de vraiment novateur, tance une personne haut placée du secteur. Après tout, "c’est grosso modo ce qui est déjà d’application en Flandre (où un arrêté fixe le champ électrique cumulé maximal – pas par antenne donc – à 20,6 V/m, NDLR) et, même là, l’on voit bien que la norme devra être adaptée". Une autre source proche du dossier abonde en ce sens: "Ces 14,5 volts par mètre sont un minimum, s’il n’en va pas même de 41,2 volts par mètre". "14,5 volts, c’est assez pour démarrer le déploiement de la 5G, mais à trois opérateurs, pas à quatre", tacle quant à elle une autre source interrogée sur le sujet.

Du côté d’Agoria, il nous revient que la fédération des entreprises technologiques, représentant notamment les opérateurs télécoms, est en stand-by, en l’attente de la suite des événements, mais "compte bien sur le gouvernement bruxellois pour tenir son engagement d’arriver à une révision des normes d’ici la fin de l’année".

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