Bruxelles se rêve (enfin) en capitale de la 5G en Belgique

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Après de longues négociations, un protocole d’accord a finalement été conclu entre le gouvernement bruxellois et les opérateurs de téléphonie mobile du pays. L’idée? Faire émerger la 5G dans la capitale d’ici 2020. Une décision finale devrait être prise avant la fin de la législature.

Exit la friture sur la ligne qui existait entre le gouvernement bruxellois et les opérateurs mobiles du pays que sont Proximus, Telenet et Orange. En effet, les deux parties ont conclu un protocole d’accord en vue de faire de la capitale la première ville de Belgique à déployer la 5G d’ici 2020, et ce, alors même que le dossier les a opposées pendant longtemps sur la 4G notamment. Il nous revient qu’une décision finale sur la question devrait tomber "avant la fin de la législature", soit d’ici la fin de l’année.

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Concrètement, l’accord dont il est ici question se décline en trois volets, abordant respectivement les questions liées à l’environnement et la santé, l’économie et l’emploi, et, enfin, la "smart city" et les investissements futurs. Ensemble, "ils dressent la portée générale que le gouvernement et les opérateurs souhaitent donner à l’arrivée de la nouvelle technologie", explique-t-on du côté du cabinet de Rudi Vervoort, ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale.

Un pas dans la bonne direction

Interrogée, Agoria, fédération des entreprises technologiques qui représente notamment les opérateurs télécoms, se dit "contente" d’enfin aboutir à un résultat après "des années" de négociations. "Une série d’engagements réciproques ont été pris", souligne Floriane de Kerchove, directrice en charge des télécoms, "mais il faudra encore qu’ils se concrétisent", nuance-t-elle. "Nous allons suivre tout cela de près".

"Nous sommes contents de la série d’engagements réciproques qui ont été pris, mais il faudra encore qu’ils se concrétisent."
Floriane de Kerchove
Directrice en charge des télécoms chez Agoria

Concernant le timing, mieux vaut tard que jamais, pourrait-on dire. En effet, malgré le temps écoulé, il s’agit là d’un pas dans la bonne direction qui devrait (enfin) permettre de répondre aux demandes répétées des opérateurs d’assouplir les normes d’émission particulièrement strictes à Bruxelles – cinquante fois plus sévères que ce que préconise l’OMS, rappelait encore récemment l’un des membres d’un conseil du régulateur des télécoms (IBPT) –, qui dépasserait alors l’actuelle valeur de 6 volts/mètre (pour l’exposition à toutes les antennes confondues, contre une mesure par antenne en Wallonie), selon plusieurs sources proches dossier.

Une vraie barrière à l’avènement de la technologie de demain qu’est la 5G, barrière qui avait d’ailleurs été jusqu’à forcer Proximus à préférer Haasrode (Louvain) à Bruxelles pour déployer un test grandeur nature en extérieur de l’internet mobile ultra-rapide en collaboration avec Huawei.

Mais aussi jusqu’à amener Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon de l’Économie, de l’Innovation et du Numérique, à déclarer à la mi-juin lors d’une conférence de presse sur les zones peu connectées en Wallonie: "Je ne comprends pas, alors que l’Europe veut des villes pilotes dans la 5G, que Bruxelles ne saute pas sur l’occasion. Et je le dis en tant que Wallon." Avant d’évoquer la candidature, "pourquoi pas", d’une ville du sud du pays comme pionnière de la 5G en Belgique.

Ne pas rater le train de la "smart city"

Sauf que, voilà, ce sera finalement Bruxelles. Une manière d’éviter les différentes luttes qui ont pu avoir lieu autour de la 4G, cette fois, avec ce que de nombreux spécialistes voient comme une avancée significative à l’heure d’une de société chaque jour de plus en plus connectée. Et si l’internet mobile ultra-rapide n’en est encore qu’à ses balbutiements, il ne faudrait pas manquer cette opportunité.

Certes, mais s’agirait-il aussi là de draguer un éventuel quatrième opérateur – acteur européen dont l’intérêt pour le marché belge a récemment été découvert à l’occasion de discussions préalables à la mise aux enchères du spectre en 2019 – qui, faute de pouvoir rivaliser dans des technologies anciennes où les opérateurs belges excellent déjà, pourrait profiter de l’occasion pour se démarquer? Qui sait, mais il n’empêche que ce facteur pourrait jouer sur l’attractivité du plat pays.

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