Elon Musk relance la course vers Mars

©REUTERS

Le fondateur de SpaceX a précisé son programme de conquête de la Planète rouge. Mais ce projet est-il réellement crédible au niveau du calendrier?

Elon Musk n'a jamais fait mystère de son intention d'aller sur Mars, et même de préférence avant la célèbre Nasa. Vendredi, le fondateur de SpaceX, coutumier des annonces chocs, a dévoilé ses projets ambitieux pour envoyer des vaisseaux spatiaux sur la Planète rouge dans cinq ans, indiquant au passage que sa nouvelle fusée pourrait transporter les gens sur Terre en des temps record.

Le fondateur de l'opérateur spatial privé s'exprimait lors d'un congrès mondial d'astronautique qui rassemblait jusqu'à vendredi 4.000 experts à Adélaïde, en Australie.

SpaceX a déjà commencé à travailler sur ce projet de système de transport interplanétaire auquel il a donné le nom de code de... "Big fucking rocket"!

SpaceX a déjà commencé à travailler sur ce projet de système de transport interplanétaire auquel il a donné le nom de code "Big fucking rocket" (BFR, putain de grosse fusée), a-t-il expliqué. La construction du premier vaisseau doit commencer dans six ou neuf mois.

Un premier voyage vers la planète rouge, sans passagers, est prévu en 2022, qui sera ensuite suivi d'un vol habité en 2024, a précisé Elon Musk, à la fois directeur général et responsable du design chez Space Exploration Technologies (SpaceX en abrégé). L'homme d'affaires, également fondateur du constructeur d'automobiles électriques Tesla, a l'ambition de révolutionner les voyages dans l'espace en réduisant considérablement les coûts.

La première mission humaine de la Nasa, l'agence spatiale américaine, à destination de Mars n'est prévue qu'une dizaine d'années après celle projetée par SpaceX.

Il y a près d'un an, Elon Musk avait dit que SpaceX développait un lanceur et une capsule énormes, capables de transporter des dizaines de passagers vers Mars avec l'objectif ultime de coloniser la planète.

Mais à Adélaïde, il a déclaré que la société concentrait désormais ses efforts sur une seule fusée, plus courte et plus effilée. Le vaisseau devrait être partiellement réutilisable et capable de voler directement de la Terre vers Mars.


Ce qui fait toutefois douter certains spécialistes de la crédibilité des projets d'Elon Musk, c'est que SpaceX ne possède aujourd'hui qu'un seul lanceur, le Falcon 9 (réutilisable partiellement) et qu'une capsule, Dragon, qui sert à envoyer des cargaisons sur la station spatiale internationale, en mode automatique. Une version lourde, Falcon Heavy, est certes annoncée depuis longtemps, mais elle n'a pas encore volé. Et il semble que Musk ne parlait pas de cette nouvelle version quand il a parlé vendredi de la fusée "BFR", décrite comme encore plus grosse. Cela s'appelle brûler les étapes...

SpaceX n'a aucune expérience jusqu'ici du vol habité et surtout, le calendrier annoncé semble peu compatible avec le développement d'un lanceur très lourd et d'une version à longue distance de sa capsule Dragon.

SpaceX n'a aucune expérience jusqu'ici du vol habité et surtout, le calendrier annoncé semble peu compatible avec le développement d'un lanceur très lourd et d'une version à longue distance de sa capsule Dragon.

D'autres acteurs, privés et publics, nourrissent des ambitions spatiales. La société Blue Origin, mise sur pied par le fondateur d'Amazon.com Jeff Bezos, met au point un vaisseau imposant, appelé New Armstrong, capable d'assurer des services de transport vers Mars. 

Lockheed Martin a également annoncé ce vendredi ses ambitions en matière de vols habités vers Mars, dévoilant des esquisses d'une station spatiale tournant autour de Mars qui ferait office de "camp de base" et d'un véhicule de débarquement capable d'acheminer quatre astronautes sur la surface de la planète. Cette mission serait une expédition conjointe avec la Nasa.

Mars est à environ 225 millions de kilomètres de la Terre et envoyer des humains sur la planète rouge, après un voyage de six à neuf mois, reste un objectif extrêmement ambitieux. Les atterrissages sur la Planète rouge sont considérés comme très complexes. Et un redécollage de Mars n'a jamais été entrepris. Enfin, on ignore tout des répercussions sur la santé humaine de vols aussi long dans l'espace interplanétaire.

La Russie et la Chine préparent chacun des vols habités vers la lune et Moscou a accepté de coopérer avec la Nasa pour fabriquer une station spatiale dans l'orbite lunaire qui servirait de relais pour des missions futures.

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