Haine en ligne: les réseaux contre-attaquent

Twitch a banni Trump, Reddit un groupe de fans du Président et YouTube des suprémacistes blancs. Les réseaux ont (enfin) décidé d'agir face à la haine raciale.

On les a souvent trouvés trop laxistes ou trop respectueux du premier amendement américain, mais depuis la naissance du mouvement Black Lives Matter, tout a changé. Les réseaux sociaux de tout poil multiplient les actions contre les contenus à caractère haineux. Dans la ligne de mire, c’est souvent Donald Trump et ses fans.

"Les comportements haineux ne sont pas permis sur Twitch. En accord avec nos règles, la chaîne du président Trump a été temporairement suspendue (...) et les contenus incriminés ont été retirés", a fait savoir lundi un porte-parole de Twitch, la plus grosse plateforme de streaming au monde.

Dans la vague du mouvement contre le racisme systémique aux Etats-Unis, les réseaux sociaux font face à un regain de pression pour mieux policer les échanges entre utilisateurs et empêcher le harcèlement, les discriminations et autres comportements insultants.

Twitter est le premier réseau à avoir agi fin mai en masquant un message  du Président. Les autres réseaux suivent un par un avec leur propre curseur. Le seul a rester à quai pour le moment c’est Facebook, qui s’offre du coup la plus grosse campagne de boycott de son histoire. Coca-Cola, Starbucks, Unilever, Ford et 160 autres entreprises ont suspendu leurs investissements publicitaires sur Facebook et certaines sur tous les réseaux sociaux à l’appel d’associations anti-racistes.

A mesure que les plateformes dominantes comme Twitter ont durci leurs règles sur les contenus haineux, une partie de l'extrême droite américaine s'était retrouvée sur les plateformes comme Reddit ou 4chan.

Très permissive, la plateforme de discussion Reddit a surpris les observateurs en bannissant ce lundi un forum de fans du Président américain pour avoir enfreint son règlement sur l'incitation à la haine.

On l'oublie parfois, mais YouTube est aussi une plate-forme qui a laissé se propager nombre d'idées nauséabondes. Consciente du problème, la filiale de Google a décidé d’agir et a banni des chaînes suprémacistes (25.000 en quelques mois), qui avaient notamment affirmé, "de façon répétée" selon la plateforme, que certains groupes d'individus étaient inférieurs à d'autres.

La vigilance accrue des plateformes pourrait avoir une incidence sur les élections américaines qui se tiennent en novembre prochain. Le discours de haine régulièrement utilisé par Trump et ses partisans devra trouver des plateformes plus obscures pour s’exprimer et touchera de facto moins de monde.

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