L'industrie technologique digère la crise

Le secteur redémarre… avec 7.500 emplois en moins.

Après deux années difficiles, l’industrie technologique en Belgique négocie doucement son retour sur le chemin de la croissance en 2010. Toutefois, note Agoria, cela ne s’accompagne pas encore de créations d’emplois, ni d’une nette amélioration de la rentabilité. "La conjoncture s’améliore mais même avec les forts taux de croissance de cette année et une croissance normale en 2011, notre niveau d’activité reste 11% sous le niveau d’avant la crise", a résumé Paul Soete, administrateur délégué d’Agoria.

Au cours du premier semestre, la production dans l’industrie technologique s’est nettement redressée, progressant même de 7,3% au 2ème trimestre. Principaux moteurs de cette croissance retrouvée, les exportations ont crû de 7% sur les six mois. "Il faut surtout noter l’augmentation de 26% des exportations vers l’Allemagne qui redevient de fait le premier marché à l’exportation des entreprises belges", a souligné Frank Vandermarliere, chief economist d’Agoria.

Malheureusement, ces chiffres encourageants ne se reflètent pas au niveau de l’emploi. "Pendant la crise, le pourcentage d’ouvriers au chômage temporaire avait augmenté de 6% mais après le deuxième trimestre 2009, ce pourcentage est reparti à la baisse. Les entreprises choisissent d’abord de diminuer le chômage temporaire plutôt que d’engager", a expliqué Vandermarliere. En tenant compte des craintes de pertes d’emplois suite au démantèlement de General Motors, ce sont 7.500 emplois qui devraient passer à la trappe à l’issue de 2010.

La rentabilité des entreprises affiche également grise mine. "En 2009, elle atteignait à peine 3%. Dans nos secteurs, pour avoir une croissance des activités, il faut au moins un Ebit de 4%. Or pour 2010, on prévoit une marge Ebit da de 3,2%", a commenté Vandermarliere. Cette faible amélioration s’explique par le fait que les coûts d’approvisionnement repartent à la hausse en 2010 et que la part salariale reste élevée en raison de la baisse du chômage temporaire. "Les prix de l’acier, par exemple, ont grimpé de 40% au premier semestre", a-t-il précisé.

Fin de crise en 2011?

À partir de 2011, Agoria table sur une croissance modérée de 3,6%. "La croissance sur les marchés étrangers va ralentir de 5% et les économies des autorités publiques vont peser sur les investissements", a estimé la fédération du secteur. L’emploi devrait se stabiliser si l’on en croit notamment les engagements et projets d’investissements annoncés.

Mais il faudra aussi composer avec l’évolution défavorable des coûts salariaux pour l’industrie. "Ces dernières années, la Belgique a dépassé l’Allemagne et est devenue le pays aux coûts salariaux les plus élevés. Et malheureusement, ce n’est plus compensé par nos scores élevés en matière de productivité." Or, cette perte de compétitivité se traduit aussi dans la rentabilité, elle-même condition nécessaire à une stabilisation de l’emploi dans l’industrie technologique. "Si l’on avait suivi l’Allemagne, cela nous aurait rapporté 18.000 emplois", a conclu Paul Soete.

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