La Cour suprême américaine autorise des poursuites contre Apple sur l'App Store

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La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé l'examen par la Justice américaine d'une plainte contre Apple pour pratiques anticoncurrentielles. Le titre du groupe a perdu plus de 6% dans les échanges après-Bourse à Wall Street.

Nouveau camouflet pour Apple . La Cour suprême américaine a autorisé lundi des consommateurs à poursuivre le groupe pour sa gestion d'App Store, sa plateforme de téléchargement d'applications. Cette décision est susceptible d'avoir des conséquences économiques pour les géants des techs et fait surtout peser une nouvelle menace sur la marque à la pomme, déjà confrontée à une chute des ventes de son produit phare, l'iPhone. 

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Les consommateurs qui ont introduit cette plainte en nom collectif accusent Apple de monopole sur le marché des applications pour iPhone, lui permettant de pratiquer des prix excessifs. Ils accusent également la firme à la pomme de forcer les utilisateurs d'iPhone à acquérir les applications via sa plateforme et de prélever une commission excessive de 30% sur ces achats. 

Apple, un simple intermédiaire?

Apple affirme de son côté n'être qu'un simple intermédiaire pour les développeurs d'applications, qui fixent eux-mêmes leurs prix et versent ensuite une commission au groupe. Le groupe s'est malgré tout dit "confiant" dans l'issue de la procédure. "Nous allons gagner quand les faits seront présentés: l'App Store n'est en aucune manière un monopole", a-t-il déclaré, en arguant que les développeurs d'applications pouvaient "choisir entre plusieurs plateformes pour distribuer leurs produits".

"Nous allons gagner quand les faits seront présentés: l'App Store n'est en aucune manière un monopole."
Apple

Son argumentaire a été rejeté par les quatre juges progressistes de la Cour suprême et le magistrat Brett Kavanaugh, nommé par Donald Trump. "Les propriétaires d'iPhone paient le surcoût présumé à Apple. L'absence d'intermédiaire est évidente", écrivent-ils, en refusant de donner "un feu vert aux détaillants en position de monopole pour qu'ils en abusent".

Les plaignants soulignent, pour leur part, qu'ils paient Apple et non pas les développeurs lorsqu'ils achètent une application et ils se présentent comme les victimes directes de surfacturations.

Plainte de Spotify

Le groupe américain est déjà visé par une plainte déposée à Bruxelles par le suédois Spotify sur le même sujet. Le numéro un mondial du streaming musical l'accuse aussi d'abuser de sa position dominante, notamment via la commission de 30%.

Mais cette décision défavorable pourrait bien peser sur Apple. En effet, le groupe mise de plus en plus sur ses services, alors que le marché du smartphone est saturé. Au premier trimestre de 2019, sa division "Service" (Apple Play, Apple Music, App Sotre...) a engrangé 11,45 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 16%. Le lobby des entreprises numériques CCIA s'inquiète aussi de la décision de la Cour suprême américaine: "Elle pourrait exposer les entreprises qui offrent des services de plateforme numériques à des poursuites indésirables", a estimé son président Ed Black.

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