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La Pomme décroche l'or à Wall Street

Apple est devenue la première capitalisation high-tech au monde, devançant de peu son éternel rival, Microsoft. Tout un symbole.

Nous devons abandonner l’idée que pour qu’Apple gagne, il faut que Microsoft perde", déclarait encore en 1997 Steve Jobs, le patron d’Apple. C’était l’époque où les deux inséparables adversaires avaient décidé d’enterrer la hache de guerre. Le cours d’Apple était au plus bas, l’action ne valait plus que 4 dollars. Revenu à la tête du groupe de Cupertino, Jobs avait besoin d’un partenaire pour se renflouer. À la grande stupéfaction de tous, Microsoft était alors entré au capital d’Apple à hauteur de 150 millions de dollars avec interdiction de revendre ses parts avant 5 ans.

Une victoire symbolique

Ironie du sort, 13 ans plus tard, le groupe à la pomme ravit la troisième place mondiale à l’entreprise fondée par Bill Gates avec une capitalisation boursière totale de 222 milliards de dollars. Il se classe désormais juste derrière deux multinationales pétrolières, l’Américaine ExxonMobil et la Chinoise PetroChina. Le jour est historique. "C’est un moment symbolique parce que cela montre à quel point Apple a vraiment été capable d’exploiter les meilleures aires de croissance au sein de l’industrie technologique", commente Ben Reitzes, analyste chez Barclays Capital IT. "Dans les années 90, Microsoft était l’incarnation de la domination d’entreprise. Ce nouveau round montre qu’Apple est devenu un symbole de la prédominance de la consommation et que cela sera la tendance pour les prochaines générations de développement technologique".

Au-delà du symbole, c’est surtout une étape importante dans l’une des plus remarquables rivalités du monde des affaires américain. Et donc un sérieux avantage psychologique. "Je pense que Steve Jobs attendait ce jour depuis 30 ans", a déclaré Gene Muster, analyste chez Piper Jaffray. À partir des années 2000, le charismatique leader du groupe à la pomme a multiplié les lancements retentissants de nouveaux produits: l’iPod en 2001, l’iPhone en 2007 et encore plus récemment l’iPad. Il a ainsi révolutionné tour à tour l’industrie de la musique, des films et des téléphones portables, tout en accentuant sa patte sur son métier d’origine: les ordinateurs.

Pour certains analystes, cette manche remportée par Apple ne concerne d’ailleurs pas le match PC contre Mac. "Il y a 10 ans, les ventes de Mac comptaient pour 80% des revenus d’Apple", explique Gene Muster. Il estime qu’en 2011 elles n’en représenteront plus que 25%. "Le changement principal, c’est l’importance du mobile. Et il y a une entreprise qui avait la bonne stratégie, l’autre qui ne l’avait pas".

De l’importance du mobile

Steve Ballmer, le patron de Microsoft, déclare quant à lui ne pas être inquiet de voir son groupe détrôné par Apple en Bourse de New York, arguant que "94% des gens choisissent un Windows PC". Il est vrai qu’Apple ne rivalise pas encore avec les profits et le chiffre d’affaires de Microsoft. "Nous faisons davantage de bénéfices et il n’y a certainement aucune entreprise du secteur technologique qui soit aussi rentable que nous sur la planète", a d’ailleurs affirmé Ballmer.

Malheureusement, si comme le soutiennent certains analystes, le futur passe forcément par l’internet mobile, Microsoft a tout de même du souci à se faire. L’échec de Zune (l’iTunes de Microsoft), l’abandon de la tablette électronique Courier et le retard sur le segment des smartphones ont laissé des traces douloureuses. Incapable de contrer l’iPod, l’iPhone et l’Ipad, Microsoft est d’ailleurs contraint aujourd’hui de réorganiser sa division "divertissements et appareils mobiles".

Quoi qu’il en soit, même auréolé de cette victoire de prestige, Apple n’a pas intérêt à se reposer sur ses lauriers. Parce qu’il n’est pas seul sur ses sphères de prédilection. Avec Android, Google ne cesse de gagner des parts de marché sur le segment des smartphones. Et côté tablette électronique, la meute des prétendants prêts à jouer la carte du low-cost est lâchée…

Les analystes adorent la pomme

  • Parmi les analystes réunis par Bloomberg, pas un seul ne recommande de vendre ses actions Apple. A plus de 90%, ils sont à l’achat sur la valeur.

  • L’objectif de cours moyen des analystes est de 312,35 euros pour Apple, soit un upgrade potentiel de 24% d’ici douze mois.

  • "Apple remplit tous les critères du secteur. L’opportunité de gagner des parts de marché? Les perspectives de marges? Il est difficile de trouver une entreprise dans laquelle vous pourriez avoir encore plus confiance", selon un gestionnaire de fonds.

  • Apple est présente dans le portefeuille de 72 hedge funds, ce qui en fait la première VIP (Very Important Position) classée par Goldman Sachs.

  • La capitalisation boursière d’Apple, plus de 222 milliards de dollars, a explosé de plus de 1000&flexSpace;% en dix ans. Elle est 3e mondiale, après ExxonMobil et PetroChina.

  • Introduite en 1980 à 44 dollars, l’action Apple a flambé de 465% en 20 ans. La star du Nasdaq cote actuellement à 250 dollars.

  • Avec un "price/earnings ratio" (le cours de l’action par rapport à ses bénéfices attendus) de 20,26, Apple est actuellement très bon marché. En effet, son PER moyen au cours des dix dernières années était plus de deux fois supérieur.

  • Depuis 2004, Apple n’est plus endettée, ce qui rassure le marché en période d’incertitude.

  • Près de trois-quarts des analystes conseillent également d’acheter Microsoft. Mais un peu moins de 3% l’ont placé sur leur liste de valeurs à vendre.

  • Le consensus table sur un cours de 35,59 euros pour Microsoft d’ici un an, ce qui donne au titre un potentiel d’appréciation de 37%.

  • "Microsoft a sous-performé le secteur technologique, cela malgré sa faible exposition hors USA, alors que la contagion européenne est une réelle crainte. Avec son faible niveau de valorisation, nous sommes à l’achat sur le titre", indique Goldman Sachs.

  • Seuls 40 hedge funds détiennent du Microsoft. Le titre est tout de même quatrième sur la liste "VIP", après Apple, BofA et Google.

  • Aujourd’hui, à 219 milliards de dollars, la valeur boursière de Microsoft est plus basse qu’il y a dix ans. Au cours de la crise financière, sa capitalisation est tombée à 137 milliards.

  • Microsoft fait son entrée en Bourse six ans plus tard, à 21 dollars par action. Aujourd’hui, elle vaut 26 dollars environ, soit 24% de plus.

  • Si l’on se réfère au PER, l’action Microsoft est moins chère qu’Apple, avec un ratio de 12,76. Mais ce rapport a nettement moins baissé, en dix ans, que celui de la marque à la pomme. Au cours de cette période, son PER moyen s’est établi à 22,75.

  • Le ratio d’endettement de Microsoft (dettes/cours de l’action) est actuellement de 13,11.

 

par Sarah Godard

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