La Pulse Foundation, l'école des futures licornes belges

Créée sur le modèle imaginé par la famille Mulliez en France, cette fondation veut faire naître des licornes belges. Utopie ou ambition réaliste?

"Dans les dix prochaines années, une entreprise passée par chez nous deviendra une licorne." Paul Bosmans, administrateur délégué de Pulse Foundation en est convaincu. La Pulse Foundation est une fondation qui a été créée en 2012 suite à une étude McKinsey qui pointait les problèmes de l’entreprenariat en Belgique comparé à des pays similaires au niveau de la taille et du potentiel. Une dizaine de familles belges liées à l’entreprenariat d’une façon ou d’une autre se sont rassemblées pour créer une fondation de soutien à l’entreprenariat. Après s’être concentrée sur l’éducation et les start-ups, la fondation a, depuis 18 mois, mis le focus sur les scale-ups.

Après 5 ans d’activité, la fondation estimait avoir pris part à la création de 1.100 start-ups en Belgique via les différentes associations liées à l’entreprenariat qu’elle soutient, mais conservait un certain goût de trop peu. "Ce que nous avons constaté, c’est que ces start-ups restaient des petites structures d’une dizaine de personnes et plafonnaient sans chercher à sortir de leur zone de confort", explique Paul Bosmans. L’objectif est alors fixé de soutenir la création de scale-ups d’envergure mondiale via un programme d’accompagnement baptisé BEyond, en collaboration avec la fondation Baillet-Latour. Après 18 mois de travail, la première promotion présente son bilan et BEyond attaque sa deuxième rentrée avec des objectifs revus à la hausse.

Mentoring et carnet d’adresses

Le programme repose sur du mentoring. Les grandes familles impliquées ont donc ouvert leur carnet d’adresses pour permettre aux jeunes pousses ambitieuses de pouvoir bénéficier des conseils de chefs d’entreprises d’envergure internationale. Les critères pour poser sa candidature au programme sont peu restrictifs puisqu’il suffit d’avoir un produit de vente récurrent, un minimum de chiffre d’affaires et surtout une ambition internationale, ce qui n’est pas simple à trouver en Belgique, selon les dirigeants de la Pulse Foundation.

"Nous avons dans nos lauréats trois licornes potentielles."
Paul Bosmans
Administrateur-délégué de Pulse foundation

Parmi les lauréats qui vont bénéficier du programme à partir de ce mardi, on retrouve des noms déjà évoqués plusieurs fois dans nos colonnes comme Shayp ou Kazidomi, mais aussi des start-ups plus discrètes comme Alberts (Automation), Cumul.io (Data Analytics), E-peas (Microprocessors), Fielddrive (Event Management), Elmedix (Health), Frsrobotics (Robotics), Merkator (Geospatial), Myskillcamp (Education). À l’issue d’une retraite de 3 jours rassemblant scale-ups, mentors et orateurs internationaux, les entreprises devront faire valider une feuille de route qu’elles vont suivre durant les 12 mois suivant et qui traduit leurs ambitions de grandeur. Le but avoué de la fondation est de voir ces jeunes entreprises devenir des structures mondiales avec l’espoir de voir naître parmi elles l’une ou l’autre licorne. Utopie? Vu les résultats de la première édition, tous les espoirs sont permis.

De 800.000 à 10 millions d’euros levés

La fondation et son administrateur délégué sont plutôt fiers des résultats acquis pour l’instant. "Nous avons constaté une croissance de l’emploi de 69% en moyenne au sein des jeunes pousses ayant participé à la première édition de notre programme, une augmentation de leurs ventes de 370%, quatre nouveaux marchés ouverts pour chacune d’entre elles et neuf scale-ups sur les dix ont levé des fonds sous notre impulsion."

Concernant les levées de fonds, Paul Bosmans nous confie qu’elles vont de 800.000 à 10 millions d’euros. Des montants qui se situent dans le haut de la fourchette moyenne des levées en Belgique. La fondation ne finance pas directement les entreprises mais elle leur offre une belle rampe de lancement, notamment via son réseau. Une fondation inspirée du modèle lancé par la famille Mulliez en France. Elle se repose uniquement sur la philanthropie pour financer ses activités et demande une participation symbolique aux entreprises sélectionnées pour son programme BEyond.

Avoir plus d’entreprises de niveau mondial ne serait qu’une question de réseau et d’être entouré des bons mentors? Si les résultats acquis par la première promotion sont assez impressionnants, il faudra refaire le bilan après plusieurs années pour voir ce que sont devenues les scales-ups passées par les bancs de la Pulse Foundation. Paul Bosmans, lui, en est convaincu: "Nous avons dans nos lauréats trois licornes potentielles."

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