Le satellite européen Aeolus va pister les vents terrestres

©ESA

Equipé d'un laser de haute précision, cet engin high-tech doit permettre un sérieux bond en avant dans les prévisions météorologiques, mais aussi en matière de climatologie. Il a été testé au centre spatial de Liège (CSL).

Le petit lanceur Vega s'apprête à lancer ce mardi depuis Kourou, en Guyane, le satellite européen Aeolus, un engin high-tech destiné à la mesure des vents sur l'ensemble du globe, dans le cadre du programme d'observation de la terre Copernicus.

Pour mesurer les vents depuis l’espace, Aeolus expérimentera une technique entièrement nouvelle basée sur un laser de forte puissance (Lidar pour Light Detection and Ranging), qui sondera les basses couches de l’atmosphère terrestre (jusqu’à 30 km d’altitude) afin de produire des profils verticaux des vents et de recueillir des informations sur les aérosols et les nuages. Cet instrument révolutionnaire, appelé Aladin (Atmospheric LAser Doppler INstrument), a nécessité plus de 16 années de développement.

Les prévisions météorologiques quotidiennes actuelles comportent déjà des informations sur les vents, fournies notamment par des ballons-sondes ou des sondes au sol. Mais les mesures directes sont trop parcellaires. Les scientifiques et les météorologues ont besoin d’obtenir des données précises à intervalles réguliers sur les vents pour comprendre les systèmes qui influent sur le temps et le climat et améliorer leurs prévisions.

Aeolus sera le premier satellite à leur fournir ces informations. La prestigieuse NASA avait développé un instrument basé sur la même technologie pour son satellite ICEsat. Mais ce dernier est très rapidement tombé en panne.

Les informations ainsi récoltées permettront "non seulement un sérieux bond en avant dans les prévisions météorologiques, mais contribueront également à la recherche climatique à long terme", selon le centre spatial de Liège. Le CSL, dépendant de l'ULg, a testé Aeolus et son instrumentation à technologie laser l'année passée. De nombreux moyens logistiques y ont été déployés afin de reproduire les conditions de l'espace. Au total, l'engin a été testé sous vide 50 jours d'affilée, 7j/7, 24H/24.

En l'espace de 50 ans d'activités spatiales, il s'agissait de la deuxième fois que le CSL recevait un satellite complet.

Une filiale d'Airbus

Le satellite a été construit par Airbus Defence and Space. Une filiale belge d'Airbus, la société EHP, établie à Nivelles a été impliquée dans le projet. Ancienne spin-off de l’ULB et de la Sabca, EHP (Euro Heat Pipes)  s’est spécialisée dans les technologies de régulation thermique pour les engins spatiaux. Elle fournit des caloducs, des éléments complètement hermétiques conducteurs de chaleur. De son côté, la Sonaca (Charleroi Gosselies) a travaillé sur les bancs optiques.

Aeolus fait partie du programme Copernicus de l'Union européenne. L'ambition de Copernicus est de créer un système de surveillance et de compréhension de l'environnement analogue à ceux qui existent pour la météorologie. Le programme comprend 6 familles de satellites (imagerie radar, optique, altimétrie, analyse chimique, etc.) dédiés à l'observation des terres et des océans, ainsi qu'à la surveillance de la composition de l'atmosphère.

Ce programme européen d'observation de la Terre va générer une quantité phénoménale de données environnementales. Grâce à son caractère pérenne, Copernicus doit permettre le développement de services en aval, ce que n'autorisent pas les actuels satellites scientifiques.

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