Les Etats-Unis et la Chine, champions de l'intelligence artificielle

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Les demandes de brevet en lien avec l’intelligence artificielle ont explosé. C’est aux Etats-Unis et en Chine que le plus de demandes ont été déposées. En Europe, on parle plus de publications scientifiques.

L’intelligence artificielle (IA) a fait un sacré bond en avant ces dernières années et c’est surtout aux Etats-Unis et en Chine que l’on a pu l’observer, révèle une étude de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), une agence onusienne. On peut y lire que plus de 340.000 demandes de brevets liés à l’IA ont été déposées à travers le monde depuis 1950 et que le phénomène s’est nettement accéléré entre 2013 et 2016 (dernière année passée en revue). Ce sont les Américains IBM et Microsoft qui ont déposé le plus de brevets, tandis qu’en Chine, ce sont surtout les universités et les institutions publiques qui sont actives en la matière. L’Europe, elle, reste à la traîne, même si l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni parviennent à tirer leur épingle du jeu.

Répartition géographique

Lorsque l’on regarde où les demandes de brevet ont surtout été déposées, ce sont les Etats-Unis, la Chine et le Japon qui occupent les trois premières places du classement. A savoir: les dépôts n’ont commencé en Chine qu’au début des années 2000 et beaucoup d’entreprises et institutions non américaines choisissent de déposer leur demande de brevet aux Etats-Unis plutôt qu’à domicile (ce qui contribue à gonfler les statistiques américaines). C’est notamment le cas des Suisses et des Néerlandais. Les Allemands, eux, préfèrent déposer leurs brevets chez eux, voire auprès de l’Office européen des brevets (OEB).

+70%
C’est le géant chinois de l’électricité SGCC qui a enregistré la plus forte hausse de demandes de brevet entre 2013 et 2016, avec un bond de 70%.

Les acteurs

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Ce sont surtout des entreprises qui déposent des brevets dans le domaine de l’IA. Pas moins de 26 des 30 plus gros demandeurs de brevet sont des sociétés. Les quatre autres sont des universités et institutions chinoises. A noter d’ailleurs que 17 des 20 universités et institutions ayant déposé le plus de demandes de brevet à travers le monde sont chinoises. L’Académie chinoise des sciences fait office de championne en la matière avec plus de 2.500 familles de brevets concernant surtout les technologies d’apprentissage automatique (permettant aux ordinateurs d’apprendre par eux-mêmes).

Du côté des entreprises, ce sont les Américains IBM et Microsoft qui affichent le plus de demandes de brevet à leur compteur. Leurs travaux en matière d’IA se concentrent notamment sur les technologies d’apprentissage automatique et d’interactions entres les humains et les ordinateurs. Mais on compte pas moins de 12 conglomérats japonais dans le top 20 des entreprises (dont Toshiba, NEC, Fujitsu et Panasonic). Ici, la recherche concerne plutôt les applications fonctionnelles de l’IA, en particulier la vision par ordinateur (aussi appelée vision artificielle) et le traitement de la langue. Même s’il ne figure pas dans le top 20, c’est le géant chinois de l’électricité SGCC qui a enregistré la plus forte hausse de demandes de brevet entre 2013 et 2016 (+70%), des brevets qui ont essentiellement trait à la gestion énergétique.

Et l’Europe?

Seules deux entreprises européennes figurent dans ce top 20. L’allemand Siemens, dont les brevets en rapport avec l’IA touchent essentiellement aux sciences médicales et de la vie, à la gestion énergétique et aux sciences physiques, arrive 11e, avec une progression de 10% des demandes entre 2013 et 2016. Bosch, qui cherche surtout à développer de l’IA pour ses activités dans le secteur des transports, ferme la marche du top 20.

Si l’Europe est à la traîne en matière de demandes de brevet, elle ne l’est certainement pas au niveau des publications scientifiques ayant rapport avec l’IA. Le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne figurent en effet dans le top 10 des pays où l’on en dénombre le plus. L’institution européenne produisant le plus de publications scientifiques se trouve en France, il s’agit du Centre national de la recherche scientifique.

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