Proximus aide les Gafa face aux faux comptes

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La filiale internationale de l’opérateur, Bics, continue de dérouler le fil des possibles offerts par son acquisition à 230 millions de dollars en 2017. Après les SMS pour sécuriser les comptes utilisateurs, elle analyse désormais les cartes SIM pour détecter les fraudeurs.

Bics poursuit sur sa lancée… et se rend chaque jour un peu plus indispensable pour les Gafa. Pourtant, l’aventure n’était pas gagnée d’avance. En rachetant l’américain TeleSign pour 230 millions de dollars en 2017, d’aucuns ont pu se demander pourquoi donc la filiale internationale de Proximus s’aventurait sur le terrain de l’authentification et de l’identification mobile – pour faire bref, le fait de recevoir un code par SMS à renseigner après introduction de votre mot de passe sur Facebook ou LinkedIn, agissant comme seconde couche de protection ("two-factor authentication", ou "2FA", dans le jargon) de votre compte utilisateur.

La raison de ce développement est pourtant simple: il s’agit-là de trouver de la croissance ailleurs, face au déclin progressif de l’activité historique de Bics qu’est le transport de la voix (et de SMS et de la data qui, elle, vit son heure de gloire) entre opérateurs du monde entier – encore en recul de 6,1% côté chiffre d’affaires sur le dernier trimestre, quand les revenus non-voix progressaient, eux, de quelque 18,6% sur la même période, à 107 millions d’euros.

Le marché est encore en construction, mais il est clair que nous allons accélérer.
Daniel Kurgan
CEO de BICS

Un pari qui porte aujourd’hui ses fruits puisque la filiale internationale de Proximus a enregistré, en 2018, un excédent brut d’exploitation (ebitda) en hausse de 7,7% en un an.

Pour autant, Bics ne se repose pas sur ses lauriers avec cette seule activité d’authentification multifacteurs nouvellement ajoutée à son portefeuille. Non, l’entreprise travaille depuis un moment maintenant à ajouter d’autres cordes à son arc – en plus d’avoir œuvré à une optimisation des coûts, dans une première phase – afin de continuer à bénéficier d’un marché aussi porteur que peut l’être celui des services aux géants du digital auquel s’adresse sa pépite de Los Angeles, TeleSign.

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Dernier exemple en date: "PhoneID", une solution permettant de passer au peigne fin les cartes SIM des millions d’utilisateurs des Facebook, eBay et autres Amazon de ce monde, en vue d’y déceler de potentiels comportements anormaux, voire frauduleux, de même que de les protéger de vols purs et simples (alors qu’elles servent aujourd’hui de sésame aux comptes utilisateurs), pouvant mener à des déconvenues de taille dans le cas d’achats, sans consentement, sur Amazon par exemple.

Déjà d’application dans plusieurs pays d’Europe, dont la Belgique et la Suisse, ainsi qu’en Chine et au Brésil, "nous sommes en train d’étendre cette solution à l’international", nous indique Daniel Kurgan, CEO de Bics.

Concrètement, en conformité avec les règles en matière de confidentialité, nous précise-t-on, l’entreprise est capable de fournir, contre rémunération des opérateurs télécoms participants au passage, une analyse précise des comportements, de la localisation, etc. des cartes SIM aux Gafa. Et ce, à grande échelle et de manière automatisée. D’ici 3 mois, Bics entend poursuivre la logique avec une solution de "scoring" des numéros de GSM des utilisateurs, à l’image des scores des agences de rating à l’égard des États.

Autant de développements "pas si faciles à copier" pour qui voudrait s’y lancer. En effet, Bics bénéficie ici d’un avantage concurrentiel unique, à savoir ses savoir-faire télécoms historiques, couplés aux technologies digitales de pointe de TeleSign. Mais les opportunités sont là. Et tout est à faire, ou presque. "Le marché n’est encore qu’en construction", évoque le patron. Mais, "il est clair que nous allons accélérer sur le monde digital".

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