Siemens promet monts et merveilles à ses actionnaires

Il porte son dividende à 2,70 euros, contre 1,60 euro pour l'exercice 2009, soit une hausse de près de 70%. Ses actionnaires vont recevoir environ 2,5 milliards d'euros.

Le conglomérat allemand Siemens a promis monts et merveilles jeudi à ses actionnaires sur fond de bénéfices record au cours de l'exercice 2010, clos le 30 septembre.

Siemens a réalisé sur son exercice fiscal 2010 (début octobre à fin septembre) un bénéfice net en hausse de 63% à 4,068 milliards d'euros.

Il a décidé en conséquence de porter son dividende à 2,70 euros, contre 1,60 euro pour l'exercice 2009, soit une hausse de près de 70%. Ses actionnaires vont recevoir environ 2,5 milliards d'euros.

Le groupe industriel a ainsi largement dépassé les attentes des analystes interrogés par Dow Jones Newswires, qui attendaient un dividende de 1,85 euro. Et il a promis de continuer sur cette lancée en fixant pour la première fois un objectif de dividende: il envisage pour les années à venir un taux de distribution d'entre 30 et 50%. Ce taux a atteint 46% en 2010.

"Nous donnons une nouvelle dimension au dividende", a affirmé son patron Peter Löscher dans un discours, disant vouloir "attirer des investisseurs de long terme".

La Bourse a favorablement accueilli ces annonces: à Francfort, l'action Siemens était en tête des valeurs à 8H11 GMT avec une hausse de 2,09% à 84,89 euros, sur un indice Dax en hausse de 0,35%.

Mercredi, Siemens avait annoncé vouloir récompenser son personnel en versant 310 millions de primes à ses quelque 400.000 salariés dans le monde, dont un peu plus d'un quart en Allemagne.

Le groupe, dont les trains, centrales et autres éoliennes profitent à plein de la reprise économique, s'est montré très optimiste: il attend pour 2011 une hausse de 25 à 35% de son bénéfice d'exploitation des secteurs, son principal chiffre de référence.

Ce bénéfice, qui désigne les performances opérationnelles des trois principales divisions du groupe (industrie, énergie, technologie médicale), s'est établi à 7,789 milliards d'euros en 2010, en hausse de 4% sur un an. "C'est un résultat record", selon le groupe de Munich (sud).

Son chiffre d'affaires annuel a atteint 75,978 milliards d'euros, en recul de 1%, et les entrées de commandes ont grimpé de 3% à 81,163 milliards d'euros.

Sur le quatrième trimestre de son exercice, les résultats ont subi l'impact de dépréciations dans les activités de diagnostic médical, avec une perte nette de 396 millions d'euros.

Siemens a par ailleurs redéfini jeudi ses objectifs de rentabilité pour les années à venir, en indiquant qu'il voulait croître plus vite que ses grands concurrents, comme l'américain General Electric, ancien employeur de M. Löscher. Mais aussi le français Alstom, son rival dans la construction de trains, ou encore le groupe helvético-suédois ABB.

Premier patron recruté en externe de l'histoire de Siemens, pour mettre fin à un vaste scandale de corruption, cet Autrichien formé aux techniques de direction anglo-saxonnes a profondément bouleversé le conglomérat centenaire, au prix de dizaines de milliers de suppressions d'emplois.

Aux manettes depuis 2007, il a misé sur les pays émergents, où Siemens dégage aujourd'hui presque un tiers de son chiffre d'affaires, et sur les technologies vertes.

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