Bellens: "Je ne me prends pas pour Superman!"

©AFP

Leçon de morale pour le patron de Belgacom entendu devant la Commission infrastructures de la Chambre. Et réponse virulente du principal intéressé. Au final, les députés réclament qu'un audit externe soit commandé sur le présumé conflit d'intérêt dont est accusé Didier Bellens.

Le CEO de Belgacom a été blanchi vendredi dernier dans l'affaire Immobel. Stefaan De Clerck, président du conseil d'administration de l'opérateur avait tranché: zéro transaction avec Immobel, donc zéro conflit d'intérêt. Mais Didier Bellens a néanmoins dû s'expliquer sur le dossier face aux députés réunis en Commission de l'Infrastructure.

Et ces derniers ne comptent pas en rester là... La Commission de l'Infrastructure de la Chambre devrait en effet envoyer un "signal fort" à destination du Conseil d'administration de Belgacom afin qu'il commande un audit externe sur le présumé conflit d'intérêts au sein duquel le patron de Belgacom Didier Bellens se voit reprocher d'être intervenu dans la vente, en cours, d'un bâtiment de l'entreprise à une société immobilière dont il est administrateur. La Commission se réunira mardi prochain pour discuter des modalités. 

Auditionné jeudi en Commission, Didier Bellens n'a pas convaincu les députés, alors qu'il a une nouvelle fois nié être intervenu dans le processus de vente de l'immeuble Paille, situé rue Lebeau à Bruxelles, à la société Immobel.

A l'ouverture de la séance, la présidente de la commission Sabien Lahaye-Battheu (Open Vld) a rappelé que 53% du capital de Belgacom étaient entre les mains de l'Etat belge. Et à cet égard, "les comités de direction et les conseils d'administration restent sous le contrôle démocratique du Parlement", affirme Sabien Lahaye-Battheu, "c'est la tâche d'un député d'observer le bon fonctionnement d'un entreprise publique avec un œil critique. Toute ingérence ou influence de ce processus de contrôle est inadmissible".

Le décor était planté!

Voici un aperçu de cette joute verbale.

Karine Lalieux (PS) a ouvert les hostilités

Les parlementaires francophones n'ont pas eu le monopole des remontrances à l'égard du CEO de Belgacom. 

Les petites phrases cinglantes se sont suivies et se ressemblaient. Après une heure de musculation verbale de la part des élus, Didier Bellens n'a toujours pas pris la parole.

Ronny Balcaen, député Ecolo, signalait sur les réseaux sociaux que le patron de Belgacom écoutait mais ne notait aucune des questions posées par les parlementaires.

 

Puis Didier Bellens intervient enfin...

Les déclarations du CEO de Belgacom ont été des "leçons très intéressantes sur la façon dont la communication fonctionne, mais rien au sujet de ses vues sur l'éthique",  a noté Peter Dedecker, le député N-VA, sur les réseaux sociaux.

Le patron de l'opérateur a finalement estimé qu'il a fallu être très ingénieux pour écrire cette histoire de conflit d'intérêts. Et Didier Bellens de rassurer les parlementaires: "Je ne me prends pas pour superman".

 

Conclusion des parlementaires qui restent majoritairement sur leur faim: le patron de Belgacom ne changera pas...

 

 

 

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